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Matières résiduelles : la Matanie à la croisée des chemins

Les citoyens de la Matanie étaient invités, mardi soir, à se prononcer sur leur futur Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR).

D'entrée de jeu, le porte-parole du groupe Uni-Vert, Guy Ahier, a profité de la présentation publique du projet de la MRC de la Matanie pour demander au comité de mettre sur la glace l'enfouissement des déchets en provenance de Cap-Chat et de Sainte-Anne-des-Monts.

Depuis l'été, les matières résiduelles de la Haute-Gaspésie sont transportées et enfouies au site de Matane. Guy Ahier a rappelé qu'en 2003, plusieurs milliers de Matanais s'étaient opposés à l'utilisation du site d'enfouissement par les municipalités des MRC voisines.

Le porte-parole du groupe environnemental s'interroge par ailleurs sur la gestion du Lieu d'enfouissement technique (LET). En trois ans, les inspecteurs du ministère de l'Environnement ont émis 17 avis de non-conformité.

Le 13 février dernier, le ministère menaçait d'imposer des amendes à la MRC de la Matanie pour « avoir rejeté dans l'environnement des lixiviats ou des eaux visées qui ne respectent pas les valeurs limites ».

D'autres constats d'infraction concernent la concentration de méthane qui ne respectait pas les valeurs prévues.

Guy Ahier demande aux responsables du LET de surseoir à l'enfouissement des déchets de la Haute-Gaspésie, le temps de faire la lumière sur les lacunes.

Avis de non conformité

Le maire Jérôme Landry refuse de mettre sur la glace l'entente avec la Haute-Gaspésie, car pour lui, les avis de non-conformité ne soulèvent pas de problèmes majeurs. Cela, explique le maire, fait partie des ajustements normaux que doit faire un LET.

M. Landry ajoute que tous les ajustements sont effectués lorsqu'ils sont exigées. Il assure que la Ville n'a jamais eu à payer d'amende. « On a vraiment une préoccupation d'avoir un site bien géré et d'être capable d'apporter des correctifs. Mais l'important, c'est d'être capable de réduire le volume de déchets à enfouir et ça, je suis très surpris de voir que ce n'est pas une préoccupation pour le groupe environnemental », commente le maire.

La directrice du Conseil régional de l'environnement du Bas-Saint-Laurent, Luce Balthazar, ne va pas aussi loin que le groupe Uni-Vert, mais croit que ces avis doivent être suivis de près.

Mme Balthazar rappelle que l'accent doit être mis sur la diminution des déchets enfouis, que ce soit en provenance de la Matanie ou de la Haute-Gaspésie.

Éliminer l'enfouissement

Le maire Landry soutient que c'est le chemin que la Matanie veut emprunter.

La durée prévue d'utilisation du site d'enfouissement de la Matanie est de 50 ans. Le maire estime que si les projets de réutilisation, de récupération, de recyclage et de valorisation vont de l'avant, il n'y aura plus de déchets enfouis au site de Matane d'ici 25 ans.

En attendant, la MRC de la Matanie travaille avec celle de la Haute-Gaspésie sur des projets de valorisation des matières putrescibles. Les deux MRC étudient deux options, celle du compostage et un projet de cogénération qui pourrait se réaliser en collaboration avec l'usine Tembec de Matane.

Jérôme Landry rappelle que l'échéance pour disposer des matières putrescibles est 2020.

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