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Métiers : les traditions qui se poursuivent en Gaspésie

À une époque où tout est contrôlé par des ordinateurs et des appareils intelligents, il existe des gens qui pratiquent leur métier comme le faisaient leurs ancêtres. Ils sont barbiers, fabriquent du savon, des objets de cuir ou travaillent en forêt. Certains de ces métiers sont pratiqués depuis que le monde est monde.

Un texte de Jean-François Deschênes

La chroniqueuse, lsabelle Larose de l'émission Au coeur du monde, a rencontré cinq Gaspésiens qui ont accepté de partager leur expérience.

Le travailleur forestier, Viateur Landry
Le cordonnier Jean-Guy Bélanger
La savonnière Danielle Vallée
Le barbier Jean-Guy Boudreau
L'artisan du cuir, Christian Lambert

Le travailleur forestier Viateur Landry

Viateur Landry utilise des chevaux de trait pour débarder le bois, donc de sortir les billots coupés de la forêt. Cette méthode, transmise par son père, lui permet d'aller chercher les arbres à des endroits où les machines ne peuvent se rendre.

L'homme de 62 ans possède des chevaux depuis l'adolescence. Il en a aujourd'hui cinq, tous des Haflinger, une race européenne. Il préfère acheter les animaux jeunes pour les élever lui-même sur sa ferme de Carleton-sur-Mer, ce qui lui permet de se faire obéir au doigt et à l'œil. Il est hors de question pour lui de les frapper. Cette bête peut tirer une charge de près de 1 360 kilos (3000 livres).

M. Landry travaille, vit et aussi s'amuse avec ses chevaux. 

Le cordonnier Jean-Guy Bélanger

Jean-Guy Bélanger donne une deuxième vie à des objets qui se retrouvent souvent à la poubelle. Le cordonnier fait surtout des réparations de chaussures et des bottes, mais ses compétences peuvent s'appliquer à de nombreux objets, du siège de moto jusqu'aux manteaux d'hiver en passant par les jambières de gardien de but.

Il pratique le métier depuis 18 ans. C'est sa deuxième carrière. Vers l'âge de 40 ans, il a dû se réorienter après un accident alors qu'il était opérateur de machinerie en forêt.

Il a suivi une formation d'un an. Par la suite, il a ouvert sa petite boutique à Pointe-à-la-croix. 

La savonnière Danielle Vallée

Danielle Vallée et son conjoint ont quitté Montréal pour s'installer à Escuminac en 2002. À L'époque Elle ne connaissait rien dans la fabrication du savon pas plus que dans l'entretien des chèvres alpines. Elle a dû tout apprendre.

À l'époque, Danielle Vallée arrivait à fabriquer une centaine de savon à base de lait de chère en huit heures. Avec le temps, elle a amélioré ses techniques de travail et dit avoir la capacité de produire 1 400 savons en 4 heures.

Depuis 2014, elle fait partie de la Société du réseau économusée du Québec. Il s'agit d'un regroupement de 33 artisans réparti à travers la province qui ouvre leur atelier aux touristes et partage leur savoir-faire d'antan.

Le barbier Jean-Guy Boudreau

Il y a 90 ans, le père de Jean-Guy Boudreau ouvrait le salon de barbier à Carleton-sur-Mer où il pratique toujours aujourd'hui. Certains clients fidèles disent s'être fait couper les cheveux par le père et le fils.

Couper des cheveux, c'est une histoire de famille chez les Boudreau parce que son oncle coupait aussi les cheveux, son frère est barbier dans une autre municipalité et son demi-frère travaille dans un autre salon de Carleton-sur-Mer.

Après 53 ans à faire ce métier, le septuagénaire a ralenti la cadence. Il accueille des clients seulement 3 jours par semaine. Pour lui, le barbier c'est aussi un psychologue.

L'artisan du cuir, Christian Lambert

Christian Lambert est un artisan du cuir, installé à Saint-Alexis-de-Matapédia. C'est un cousin qui l'a initié au métier et qui lui a fait cadeau de ses premiers outils. Il fabrique de tout : des ceintures, des sacs, des portefeuilles, des colliers pour chien, des licous pour les chevaux. Il répond aussi aux demandes spéciales de ses clients.

Son entreprise a pris de l'ampleur au fil du temps, au grand plaisir de l'artisan qui exploite maintenant une petite boutique.

D'après les informations d'Isabelle Larose

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