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Michèle Audette entame son mandat à la commission d'enquête sur les femmes autochtones

La commission d'enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées amorcera ses travaux jeudi.

Michèle Audette, l'ex-présidente de l'Association des femmes autochtones du Canada, originaire de la communauté innue de Uashat-Maliotenam, fait partie des cinq commissaires.

Elle assistera la juge Marion Buller dans sa tâche : « Le premier exercice que nous allons faire, comme commissaire, c'est d'éplucher au complet, même si on l'a déjà fait, de façon officielle le décret qui nous a été donné par le gouvernement fédéral », explique Michèle Audette.

La violence à l'égard des femmes demeure un fléau dans les communautés autochtones.

La commissaire Michelle Audette a été victime elle-même d'abus sexuels.

« Avoir été malheureusement victime d'agression sexuelle durant quelques périodes dans ma jeunesse. Trop souvent, j'ai dit qu'on m'a volé mon âme, comme plusieurs femmes ou plusieurs hommes aussi qui ont perdu leur âme à cause des agressions sexuelles », souligne-t-elle.

Un sujet tabou

Son histoire ressemble malheureusement à celle de plusieurs femmes autochtones. L'automne dernier, certaines femmes de Uashat-Maliotenam avaient révélé avoir été victimes de violence sous le couvert de l'anonymat.

« C'est vraiment tabou. C'est vraiment difficile de dénoncer. Je l'ai vécu pendant des années. J'avais peur de mon mari. J'avais peur de sa famille. Peur que mes enfants aient peur de leur père et de toutes ces inquiétudes-là », avait raconté une femme, qui préfère taire son identité.

La commission sera chargée d'examiner les causes qui contribuent à la violence faite aux femmes et aux filles autochtones.

Originaire de la Côte-Nord, Michèle Audette est bien au fait de ces problèmes dans les communautés.

« J'ai personnellement été touchée avec ma petite cousine qui a été enlevée quelques jours et aujourd'hui retrouvée saine et sauve », se souvient-elle.

Les premières audiences commenceront cet hiver et l'enquête se poursuivra jusqu'au 31 décembre 2018.

Avec les informations d'Alix-Anne Turcotti

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