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Milieux humides : quand l'agriculture redonne à la nature

L'étang à Fernand de la Ferme Belmont à Amqui peut maintenant être considéré comme le premier milieu humide restauré en milieu agricole de la Vallée de la Matapédia.

Le site, au coin du rang Cournival et de la route Fournier, est accessible au public depuis mercredi dernier. Des trottoirs et des panneaux descriptifs ont été installés.

Ce n'est pas d'hier que l'agriculteur, Jean-Marie Gonthier, souhaite que l'étang à Fernand puisse être rendu à la nature. Les travaux sur ce champ, qui servait de pâturage au bétail, ont débuté en 2008.

Puis au cours des cinq dernières années, l'Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche (OBVMR) s'est associé à la démarche. Mieux, l'OBVMR a inclus la restauration de ce milieu humide dans un plus vaste projet de conservation volontaire des habitats fauniques en milieu agricole dans le bassin versant sud du lac Matapédia, explique la directrice Mireille Chalifour.

La zone sud du lac Matapédia, où est notamment situé l'étang à Fernand, est un secteur très habité et où l'agriculture est très présente. « 75 % de la population du bassin versant Matapédia-Restigouche vit en amont du bassin, un secteur où l'agriculture et le saumon se côtoient », précise Mme Chalifour.

Un projet en trois phases

Avec son projet, l'OBVMR souhaitait améliorer la cohabitation entre l'habitat faunique et le milieu agricole. Dans un premier temps, l'organisme a réalisé un portrait de la situation. « Pour pouvoir voir où on pourrait interagir », indique Mireille Chalifour.

Dans une seconde phase, l'équipe a produit une quinzaine de cahiers qui ont été distribués aux agriculteurs afin de les sensibiliser à certains sites d'intérêts. « Au niveau des milieux humides, au niveau des poissons où il y avait une pression en provenance du milieu agricole », précise la directrice de l'OBVMR.

C'est ainsi qu'a germé la troisième phase du projet, soit la restauration et la mise en valeur de certains sites. Au total, six bandes riveraines, dont l'étang à Fernand, ont été restaurées. « On a amené les gens à travailler ensemble pour passer à une autre étape qui est vraiment celle de la résolution de problèmes », indique Mme Chalifour.

D'autres projets

Le travail a pu être réalisé grâce à des fonds versés par la Fondation de la faune dans le cadre du Programme de mise en valeur de la biodiversité en milieu agricole.

« La fondation nous a donné de bonnes assises et de bonnes connaissances pour pouvoir continuer à évoluer dans le projet. Il y a plusieurs agriculteurs dans les 15 qui ont reçu les cahiers qui ont fait des déclarations d'intention pour de la conservation de milieux humides ou de certaines zones à caractère écologique intéressant », commente la directrice de l'organisme de Bassin versant.

L'organisme projette aussi de distribuer un cahier aux élus municipaux sur l'inventaire de leurs richesses fauniques ainsi que sur l'impact de leurs activités sur les habitats. « Pour le bassin versant de la rivière Matapédia, un hectare de zone habitée en milieu urbain équivaut à 5 hectares d'activités en milieu agricole. On a un impact au niveau des eaux de ruissellement beaucoup plus grand que l'agriculture », relève Mme Chalifour.

Le bassin versant du lac Matapédia a la particularité d'être parmi les quelques réseaux hydriques du Québec qui ne se déversent pas dans le fleuve.

Le lac Matapédia est par ailleurs le deuxième lac en importance, à l'est de Québec.  Le saumon de l'Atlantique ainsi que de l'omble de fontaine sont parmi les espèces observées dans ses tributaires.

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