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Mobilisation pour le retour du train à Gaspé

La réhabilitation du rail pour le transport de marchandises jusqu'à Gaspé est maintenant une priorité pour la Société de chemin de fer de la Gaspésie (SCFG).

Le plan déposé au printemps au gouvernement du Québec, propriétaire du rail, est caduc, avoue le président de la Société de chemin de fer de la Gaspésie, Éric Dubé. À l’époque, le client potentiel le plus important pour la SCFG était Ciment McInnis à Port-Daniel-Gascons. L’objectif était donc de rétablir la liaison entre New Richmond et Port-Daniel.

Tout a changé avec l’obtention, cet été, par l’usine de pale d’éolienne LM Windpower de Gaspé, d’un important contrat pour approvisionner les parcs éoliens de General Electric (GE) au Texas.

Depuis maintenant une semaine, les pales de LM Windpower sont expédiées par camion jusqu'au centre de transbordement de New Richmond. Elles partent ensuite par wagons sur les rails de la SCFG jusqu'à Matapédia, où le convoi, qui part pour le Texas, est remis au Canadien National. Quelque 600 pales prendront cette route au cours des trois prochaines années.

Et ce n’est pas terminé

En octobre dernier, LM Windpower, l'un des plus importants fabricants de pales de rotor au monde, a été vendu à GE. Le directeur de l’usine de Gaspé, Alexandre Boulay, travaille maintenant sur un projet d’agrandissement, dont il ne veut pas préciser les détails ni l’échéancier.

Il admet toutefois sans ambages que la présence du train est un facteur déterminant pour la croissance de l’usine. « C’est sûr, dit-il, que le rail serait un levier important pour notre développement. On avait annoncé 285 emplois au mois d’août et là on est 300 et ça continue. Pour nous, le rail amène un avantage compétitif, le coût de revient pour notre client est moins élevé grâce au rail. »

« Quand on a commencé à demander de l’aide au gouvernement LM Windpower n’était pas dans le décor. On voulait aller au rythme où les clients allaient apparaître. Là, les clients apparaissent plus vite que la demande déposée initialement », indique Éric Dubé.

Pour être capable de justifier les investissements cela nous prend du trafic, là on l’a.

Éric Dubé, président de la SCFG

Un nouveau plan à déposer

La Société de chemin de fer a donc remis son plan de développement sur la table à dessin et travaille maintenant sur l’évaluation des coûts des réparations du chemin de fer entre Port-Daniel gascons et Gaspé. La pale d’éolienne est un produit très léger.

La Société de chemin de fer croit qu’elle serait donc en mesure à court terme de rétablir le lien ferroviaire jusqu’à Gaspé avec des investissements minimums « C’est ce qu’on veut démontrer au cours des prochains mois », indique M. Dubé. Ce dernier assure que Québec est au courant. « Dans le politique, les députés ont fait un bout, mais nous, on aura les données, ce n’est pas tout de dire on veut de l’argent, mais il faut arriver avec les bons chiffres. »

La SCFG estime qu’il lui faudra entre 12 et 18 mois pour effectuer les travaux si Québec consent à investir. « Ce qu’on veut, explique Éric Dubé, c’est que le gouvernement annonce des sous pour rassurer nos clients. Après on verra comment cet argent sera investi pour ramener le train le plus vite possible à Gaspé. »

Pour sa part, la Chambre de commerce et de tourisme de Gaspé est derrière les entrepreneurs et appuie toutes leurs démarches, assure son directeur Olivier Nolleau.

Mercredi, lors d’une rencontre, le député de Bonaventure Sylvain Roy a tenté de convaincre le ministre des Transports Laurent Lessard de l'urgence de rétablir le rail jusqu'à Gaspé, pour permettre l'exportation de pales aux États-Unis, par train.

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