Natif de Mont-Saint-Pierre, Jean-Sébastien Cloutier a 44 ans et avait donc 4 ans lors du premier festival de vol libre. Autant dire qu'il a toujours vu des hommes-oiseaux virevolter dans le ciel de son village.

Un texte de Joane Bérubé

Si le titre de « Monsieur Vol libre » existait, le président de la Corporation du tourisme de Mont-Saint-Pierre l'emporterait haut la main. La Fête du vol libre, qui a 40 ans cette année, tient sa longévité à des gens comme lui, qui ont fait entrer le vol libre dans l'ADN de Mont-Saint-Pierre.

Depuis le temps, commente Jean-Sébastien Cloutier, cela fait partie de notre image, de notre mode de vie.

« C’est, raconte-t-il, un père et un fils, des Bourriche de la Montérégie, qui sont venus ici, qui ont découvert le site à la fin des années 1970. C’étaient parmi les premiers au Québec à faire du deltaplane. La première plateforme a été construite en 1976, 1977. Cela a fait fureur au début et a attiré des adeptes de partout. Il y a des gens qui viennent ici depuis 40 ans. »

À l’époque, il observe les vols par la fenêtre de l’épicerie de son père où viennent parfois les pilotes. Puis, il gravit la montagne pour les voir décoller.

Il s’élance pour la première fois à 19 ans.

Le début d'une grande passionDire qu’il a attrapé la piqûre est un euphémisme. Il placarde sa chambre d’images de deltaplanes et paie 800 $, ce qui est énorme pour un étudiant, pour acheter une aile d'occasion afin de suivre ses premiers cours de deltaplane l’été suivant.

Il quitte la Gaspésie, mais reste engagé dans la Corporation du tourisme de Mont-Saint-Pierre qui organise la Fête du vol libre. Tous les étés, il retourne au village pour voler.

Les gens, raconte Jean-Sébastien Cloutier, croient qu’il s’agit d’un sport extrême, mais c’est très contemplatif.

Un loisir, un travailJean-Sébastien Cloutier revient s’installer à Mont-Saint-Pierre en 2005. « Je me suis dit que j’allais m’impliquer un peu. Je suis devenu maire », dit-il en rigolant.

Il ne l’est plus. Il est maintenant propriétaire d’une microentreprise qui offre des vols d’initiation. Le deltaplane reste donc au cœur de sa vie.

C’est, ajoute-t-il, une activité très encadrée. « Il faut être respectueux de ce qu’on fait, de nous, de notre matériel, de notre aptitude à voler, de la nature. Il faut savoir refuser de voler quand ce n’est pas bon, être très strict sur l’analyse d’avant vol. »

Il y a eu deux décès en 40 ans à Mont-Saint-Pierre, soit celui d’un touriste qui n’était pas attaché à son aile et celui d'un pilote qui s’est trop approché de la paroi de la montagne avec un mauvais vent.

Un site exceptionnel

Jean-Sébastien Cloutier ne se lasse pas du paysage qu’il survole depuis maintenant 25 ans.

Il en a pourtant vu d’autres. Au cours des années, Jean-Sébastien Cloutier a effectué quatre grands voyages afin de visiter les plus belles destinations de vol des Amériques. « J’ai volé aux États-Unis, en Californie, au Mexique, au Guatemala, au-dessus du lac Atitlan », énumère-t-il.

Il a fait, souligne-t-il, ses plus beaux vols à Mont-Saint-Pierre : « Voler des trois, quatre heures dans la vallée avec les vents magiques, changer de village, aller à Mont-Louis, à L’Anse-Pleureuse. »

Ces « vents magiques » sont en partie ce qui fait la renommée du site de Mont-Saint-Pierre, explique-t-il.

« La montagne, précise Jean-Sébastien Cloutier, est orientée nord-ouest, le vent du fleuve frappe la paroi et est propulsé vers le haut. C’est ce qu’on appelle un vent dynamique, qui porte les ailes dans le ciel. C’est à l’infini quand c’est bon, ça peut commencer le matin et ne pas s’arrêter jusqu’au soir. »

Fête au village

Au sommet du mont Saint-Pierre, à 1350 pieds, cinq plateformes de départ ont été aménagées au cours des ans selon le type d’aéronefs, deltaplane ou parapente, et l’expérience des pilotes.

Une autre plateforme a aussi été installée sur le mont François-Bernêche, en face du mont Saint-Pierre.

La Fête du vol libre attire bon an, mal an entre 80 et 100 pilotes de deltaplane et de parapente provenant d'un peu partout au pays et d'ailleurs.

C’est peu à peu devenu une fête conviviale qui donne l’occasion à de vieux amis d’en rencontrer de nouveaux, d’échanger des histoires de vols autour d’un feu de grève. « C’est une belle communauté, c’est très rassembleur », commente l’organisateur en chef.

Question : Et on arrête ça quand?

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