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Pas d'argent pour le centre d'interprétation du phoque

Québec ne financera pas le centre d'interprétation du phoque des Îles-de-la-Madeleine. Le centre n'est finalement pas admissible au Programme d'Aide au fonctionnement pour les institutions muséales (PAFIM).

Un texte de Joane Bérubé

Le centre ne répond pas à certains critères exigés par le programme qui demande que les musées demeurent ouverts 40 semaines durant l'année et disposent de quatre employés à temps plein.

Le centre d'interprétation du phoque n'est pas la seule institution de la région qui peine à recevoir du financement.  

Ainsi, les raisons évoquées par le ministère sont similaires à celles avancées pour refuser au départ de financer le centre Exploramer de Sainte-Anne-des-Monts. Le centre de Sainte-Anne-des-Monts pourrait finalement disposer d'un financement temporaire. Les discussions sont en cours avec QUébec mais le centre devra d'ici trois ans devenir autonome financièrement.

Des critères restrictifs

Dans les faits, les nouveaux critères d'évaluation du ministère mettent fin, entre autres, aux programmes d'aide pour les musées saisonniers, pour les centres à vocation scientifique ou à portée locale.

En poste depuis 20 ans, le directeur de la Société des musées québécois (SMQ) et ancien directeur du musée du Bas-Saint-Laurent à Rivière-du-Loup, Michel Perron, a d'ailleurs remis sa démission cette semaine pour dénoncer ces nouvelles directives gouvernementales qui touchent, selon lui, 40 % du réseau.  

Michel Perron souligne que l'exclusion des musées ou centres à vocation scientifique est un anachronisme et va à l'encontre de ce qui se passe dans d'autres pays, notamment aux États-Unis. « Il y a beaucoup en Gaspésie, souligne Michel Perron, de petites institutions de muséologie scientifique qui sont de véritables joyaux qui sont des éléments importants de la compréhension des territoires dans lesquels il se trouve. »

Le ministère classe la petite institution des Îles-de-la-Madeleine comme un musée scientifique, au grand étonnement de M. St-Onge : « C'est la première fois qu'on entend parler de ce nom-là, on s'est toujours vu comme un écomusée. »

Impacts touristiques

Le directeur démissionnaire de la SMQ juge ces mesures déraisonnables et croit qu'elles auront des conséquences importantes sur les clientèles touristiques des régions.

C'est aussi ce que croit le directeur du centre d'interprétation du phoque, Robert St-Onge, pour qui il est anormal que les critères d'admissibilité soient les mêmes pour les régions et pour les grandes villes.

Robert St-Onge compte solliciter une rencontre avec le député des Îles, Germain Chevarie, le ministre responsable de la Gaspésie et des Îles, Sébastien Proulx, et le ministère de la Culture.

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