En cette Journée nationale des Patriotes, le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, le maire de Matane, Jérôme Landry, et le président de la Société d'action nationale de Matane, André Morin, ont procédé à la levée du drapeau de couleur rouge et vert, ce matin, devant l'édifice de la Matanie.

Un texte de Brigitte Dubé

Les Patriotes ont lutté pour la reconnaissance de leur nation par l'Angleterre et pour l'établissement d'un gouvernement démocratique. Certains ont été condamnés à l'exil, d'autres ont été pendus.

Le député Pascal Bérubé a déclaré que leurs luttes trouvent un certain écho avec la réalité d'aujourd'hui.

« Lorsqu'on connaît notre histoire, on est capables d'envisager le futur et de prendre les meilleures décisions », a-t-il ajouté devant les quelques personnes présentes.

Pour sa part, André Morin a justement déploré le fait que la Rébellion des Patriotes est presque absente des cours d'histoire.

Des gens d'avant-garde

L'historien gaspésien Pascal Alain, qui donnait une conférence à Matane à l'occasion de cette journée,  rappelle que les Patriotes étaient des gens d'avant-garde.

« Les patriotes voulaient briser la domination économique britannique, explique-t-il. Ce n'était pas des anarchistes. Les meneurs étaient des intellectuels, des médecins des avocats... »

Il souligne que les soulèvements 1837-38 sont l'aboutissement de luttes politiques depuis la conquête en 1760 qui ont dégénéré en conflit armé.

« À un certain moment, ils ne voyaient pas d'autre issue que celle de prendre les armes », ajoute-t-il.

Le bras droit de Louis-Joseph Papineau : un Gaspésien

L'historien parle aussi du chef des patriotes, Louis-Joseph Papineau, « un orateur exceptionnel qui pouvait soulever les foules et faire des discours devant 6000 personnes sans micro. »

Son bras droit était un Gaspésien d'origine : Louis Bourdages, originaire de Bonaventure. Installé à St-Denis sur Richelieu, devenu notaire et député, il dénonçait les dirigeants coloniaux.

Pascal Alain raconte qu'à 70 ans, M. Bourdages s'affichait comme radical. Il cite l'historien Gérard Filteau qui le décrit comme la terreur des Anglais. Il était un tribun de la trempe de Papineau.

Même si les événements se sont déroulés aux alentours de Montréal, il y avait de la grogne chez les Gaspésiens aussi, indique l'historien. Mais en même temps, des députés jouaient un rôle important pour essayer de diminuer l'impact.

La Rébellion s'est finalement soldée par le Rapport Durham selon lequel les Canadiens-français étaient un peuple sans culture, sans littérature et sans histoire. Lord Durham recommandait l'assimilation aux autorités.

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