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Percé, nouvelle capitale de la bière artisanale?

Surtout connu pour son célèbre rocher, le petit village de Percé, en Gaspésie est en train de se tailler une solide réputation sur la scène internationale brassicole. La petite communauté de 3000 personnes produit depuis quelques années des bières de renommée mondiale.

La nouvelle microbrasserie de Percé, Auval, vient d'être nommée cinquième meilleure nouvelle microbrasserie au monde en 2015 par le Ratebeer best in the world. Sur la planète, plus de 5000 nouvelles petites entreprises brassicoles comme celle-là ont vu le jour l'an dernier.

De son côté, la microbrasserie Pit Caribou cumule les prix internationaux, dont celle de la meilleure bière brune au monde.

Cette réussite est surtout l'affaire de deux amis et passionnés de bières : Francis Joncas et Benoît Couillard. Le premier gère la florissante Pit Caribou et l'autre, la petite nouvelle Auval.

Projet commun, routes différentes

Au départ, les deux hommes travaillaient de concert : Benoit Couillard a cofondé Pit Caribou avec Francis Joncas.

Puis avec deux jeunes enfants, Benoît Couillard souhaitait revenir à une gestion plus simple, plus modeste.  

L'automne dernier, il a donc vendu ses parts. « À terme, explique Benoît Couillard, je veux faire environ 50 000 litres par année, donc une production dix fois plus petite en échelle que Pit Caribou. L'idée, c'est de démarrer petit et de rester petit. Ça me parle beaucoup, ça cadre mieux avec mon nouveau rythme de vie et de me concentrer sur la fabrication de bière. Je fais du 9 à 4. »

Même si sa nouvelle entreprise remporte déjà du succès, il souhaite qu'elle demeure de petite taille.

Le propriétaire de Pit Caribou, Francis Joncas, caresse un tout autre plan d'affaires. « On est passé, dit-il, de 15 000 litres de bières vendues en 2007 à 550 000 litres en 2015. J'ai un chiffre d'affaires de 3,5 millions en 2014. Je fais en moyenne 12 heures par jour. »

La bière Pit Caribou compte 600 points de distribution, de Sept-Îles à Gatineau. Et même ceux et celles qui n'aiment pas la bière adoptent ses produits dérivés.

Question de passion

Les deux hommes ne brassent peut-être plus des affaires ensemble, mais ils sont encore amis et partagent la même passion. « De ce temps-là, constate Francis Joncas, on gagne des prix, Benoit en gagne de son côté. Moi j'en gagne de mon bord et c'est ça qui est le fun, on est vraiment collés. Pourquoi? C'est peut-être dans l'eau! Cherche! »

Pour Benoît Couillard, c'est cette fraternité et le partage des connaissances qui est la clé du succès : « C'est de même que la qualité des bières augmente puis on prend une part de marché. »

Ultimement, même si le réel secret de ce succès demeure dans la bouteille, ce sont les amateurs de bières de partout dans le monde qui en profitent.

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