De plus en plus de chercheurs s'intéressent aux conséquences des changements climatiques, notamment sur le fleuve Saint-Laurent. Et une partie des données qui permettent de mieux comprendre ces bouleversements sont recueillies, depuis un quart de siècle, au large de Rimouski.

Un texte de Ariane Perron-Langlois

Le navire de Pêches et Océans Canada perce le brouillard matinal sur le Saint-Laurent. Il s'arrête à environ 12 milles nautiques au nord de Rimouski, là où se trouve la station d'échantillonnage.

Les quatre chercheurs et techniciens à bord s'apprêtent à prendre le pouls des profondeurs du Saint-Laurent. C'est un rendez-vous qu'ils respectent toutes les semaines depuis 25 ans.

Une rosette, soit un assemblage de bouteilles et d'instruments, fera quatre fois l'aller-retour vers les profondeurs. Des sondes mesureront, entre autres, les niveaux d'oxygène dissous, le pH, la température, la salinité et la teneur en chlorophylle de l'eau.

La rosette capture aussi de l'eau à des profondeurs prédéfinies, ce qui permettra aux chercheurs de réaliser des tests en laboratoire.

Des données précieuses

L'eau recueillie lors de ces sorties en mer renferme des données précieuses pour le chercheur en océanographie biologique et chimique Michael Scarratt, qui s'intéresse notamment au phytoplancton et aux bactéries qui vivent dans le fleuve.

« Le programme d'échantillonnage régulier, c'est la façon de savoir quels sont les changements des écosystèmes liés aux changements climatiques que nous sommes capables d'observer aujourd'hui. On utilise cette information pour pouvoir projeter dans le futur quels sont les changements qui pourraient venir si les tendances continuent », explique M. Scarratt.

De son côté, Peter Galbraith, chercheur en océanographie physique, vérifie la température et le mouvement des masses d'eau. Il constate que les rencontres hebdomadaires avec le Saint-Laurent apportent déjà quelques réponses.

« Dans les dernières années, on a battu ou fracassé beaucoup de records de température, voyant même sur toute la saison des écarts de température de 4 degrés Celsius de plus dans la couche de surface. Ce qui est un gros chiffre ! », affirme-t-il.

Les chercheurs de l'Institut Maurice-Lamontagne vont poursuivre leurs rendez-vous avec le Saint-Laurent toute l'année, même en hiver. À ce moment, ils auront accès aux profondeurs grâce à un brise-glace de la Garde côtière canadienne.

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