Percé poursuit son projet de réhabilitation de la plage fortement endommagée par les tempêtes et les grandes marées.

Un texte de Joane Bérubé

Décembre 2010, décembre 2012, octobre 2015, janvier 2016, les tempêtes se suivent et se ressemblent à Percé. La vague détruit la promenade du bord de mer et emporte tout : bois, sable, gravier.

Le célèbre village est aux premières loges des impacts de l'érosion des berges et des changements climatiques.

D'ailleurs, les visiteurs ont pu voir en construction, cet été, une promenade nouveau genre, un aménagement temporaire consacré justement aux impacts des vents et des marées sur les berges et des solutions envisagées pour restaurer le site.

L'une de ces solutions est la recharge de la plage, recommandée par le groupe Ouranos, un consortium spécialisé en climatologie régionale. Le projet est à l'étude depuis 2012 dans les officines de Percé. La Ville a notamment visité la plage de Sainte-Luce, où un tel projet a été réalisé.

C'est d'ailleurs l'un des rares exemples au Québec, souligne Lisa-Marie Gagnon, urbaniste à la Ville de Percé. Mais si l'exemple est intéressant, précise Mme Gagnon, le contexte de Percé, avec l'ouverture sur le golfe et la mer, est différent notamment sur le plan de la modélisation et du dimensionnement de l'ouvrage.

L'idée est de redonner à Percé sa plage d'origine, avec ses galets.

C'est aussi une opération qui aidera à s'opposer à la virulence des vagues et donc à l'impact des tempêtes. « En montant sur la plage, explique Lisa-Marie Gagnon, la vague va perdre de son énergie, de sa force, comparativement à la situation actuelle où la vague entre de plein fouet et frappe le mur pour repartir avec toute son énergie en rapportant avec elle tout le matériel. »

Douze piscines olympiques de galets recherchés

La Municipalité, qui a besoin pour réaliser son projet de 47 000 mètres cubes de galets, soit l'équivalent de 12 piscines olympiques, est donc à la recherche d'un site pour prélever tout ce gravier. L'équipe est optimiste et croit être en mesure de trouver un gisement à proximité, ce qui réduirait les coûts de transport.

Selon l'urbaniste de Percé, il y a de plus un intérêt économique pertinent à retrouver une plage puisque cela rendrait l'attraction touristique encore plus intéressante. Les travaux sont donc estimés à 10 millions de dollars, mais leurs retombées pourraient s'élever à 600 millions de dollars sur 50 ans pour toute la Gaspésie.

Percé aimerait bien entamer les travaux en 2018-2019, ce qui lui permettrait par la suite d'envisager la construction d'une promenade permanente en bord de mer.

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