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Plus d’un million de dollars en dettes pour Val-d’Irène

Le Parc régional de Val-d'Irène cumule une dette de plus d'un million de dollars. C'est ce qui a été révélé mercredi soir lors de l'assemblée générale annuelle (AGA) de l'organisation.

En plus des états financiers, un plan de redressement réalisé par la firme Mallette a été présenté. Les deux documents démontrent que le système de gestion en place est déficient et qu’il doit subir d’importantes modifications.

Pour le conseil d'administration, c'est une importante déception. Le président Robert Poirier affirme que jamais il ne se serait attendu à un tel déficit.

Même après avoir travaillé bénévolement sur le dossier tout l'été, il n'a eu l'heure juste qu'il y a deux semaines, lors de la présentation du plan et du rapport de la firme.

On n'a vraiment pas vu venir le coup. C'est très dècevant, très très décevant.

Robert Poirier, président, Conseil d'administration de Val-d'Irène

Difficile d’avoir les fins détails de ce 1,08 millions de dollars de dettes puisqu’il touche plusieurs années fiscales, dont celle en cours. Le détail sommaire se définirait toutefois comme suit :

Finies, les activités estivales

Cantine, machine à crème glacée, balles géantes pour dévaler une montagne : ces items ont en commun que la Corporation de Val-d’Irène tente maintenant de s’en départir.

Pour la première fois, la station offrait plusieurs activités estivales à ses visiteurs. Mais les visiteurs ne sont jamais venus.

Le plan de lancer une vaste programmation durant la belle saison était celui de l’ancien directeur général, Michel Fugère, qui a d’ailleurs démissionné durant l’été. Ce plan a été approuvé et soutenu par bon nombre d’entités comme la MRC de la Matapédia, qui est propriétaire du parc, et le conseil d’administration de Val-d’Irène.

Modestes au départ, les coûts liés à ce projet ont rapidement fait boule de neige et couté une petite fortune à l’organisation. 300 000 $ plus tard, la firme responsable du plan de redressement conseille d’abandonner les activités estivales.

Des tonnes d’heures supplémentaires

Autre constat de la firme comptable : il faut complètement revoir le modèle d’emploi. Nombre exagéré d’heures supplémentaires, contrats annuels pour des postes saisonniers, horaires fixes malgré l’absence de travail : la liste de problématiques est longue, selon Mallette.

Certaines personnes présentes à l’AGA mercredi soir ont souligné qu’il n’était pas rare que le nombre d’employés soit beaucoup trop élevé pour les besoins. De plus, le nombre d’heures supplémentaires aurait atteint des sommets inégalés pour l’année fiscale 2015-2016.

Normalement, la masse salariale représente entre 480 000 $ et 520 000 $ par an, selon les explications fournies mercredi soir. Cette année, 634 000 $ ont été versés en salaires à une vingtaine d’employés, dont la plupart ne travaillaient que durant l’hiver.,

D'importants correctifs seront apportés, affirme Robert Poirier. Par exemple, des horaires plus serrés seront adoptés : « Les employés vont débuter leur journée plus tard. S'il y a une tempête et des choses à faire avant l'ouverture, on va demander de rentrer plus tôt, dépendamment du travail à faire... alors qu'avant, ils rentraient de toute manière vers 7 h, 7 h 30, même s'il n'y avait pas grand chose à faire. »

Vers un redressement financier

La plan de la firme Mallette sera déposé jeudi soir au conseil de la MRC de la Matapédia avant d’être rendu public. En tout, c’est une vingtaine de recommandations qui seront présentées.

Dorénavant, la MRC surveillera de beaucoup plus près les dépenses, affirme la préfete Chantale Lavoie.

Au niveau de la gouvernance, au niveau des systèmes de contrôle, parce que c'est surtout à ce niveau-là qu'on a vu des failles.

Chantale Lavoie, préfet, MRC de la Matapédia

La firme estime que grâce à ces conseils, la station passerait d’un déficit de plusieurs centaines de milliers de dollars à un profit d’environ 10 000 $.

En plus des recommandations faites à la Corporation de Val d’Irène, une ébauche de montage financier prend forme afin de trouver le 1,08 M$ dont a besoin la station pour démarrer l'année.

La MRC et la SADC compteront au nombre des partenaires financiers. Un règlement d’emprunt de 300 000 $ devra également être adopté pour boucler le budget.

Un comité formé de la direction, de la firme et du conseil d’administration se réunira chaque semaine afin d’assurer la mise en place des recommandations et l’ajout de correctifs au besoin.

Un vent d’optimisme malgré la tempête

La population semblait confiante quant aux mesures prises pour redresser le cadre financier de Val-d'Irène.

L’arrivée de Jacques Malenfant à la tête de l’organisation sème également un vent de confiance. L’homme d’affaires ne compte pas rester bien longtemps en poste puisqu’il est à la retraite, mais il a accepté de codiriger la station avec François Truchon, le temps de redresser les finances.

C'est sur que la structure va changer. La station était opérationnelle sur 12 mois. On va revoir ça. À partir du mois de mai, les activités vont diminuer, voire même fermer. On va être disponible, mais sur demande.

Jacques Malenfant, responsable de l'administration

M. Malenfant tient depuis cet été les rennes du volet administration, alors que son collègue M. Truchon, un habitué de Val-d’Irène, assure quant à lui le bon fonctionnement des opérations sur le terrain.

Dame nature aussi pourrait jouer un rôle décisif dans la relance du parc régional. La saison débutera le 15 décembre, avec une qualité de neige plutôt incroyable.

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