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Politique énergétique : Québec met le développement éolien sur la glace

Québec veut dissocier le développement de l'énergie éolienne de la fixation des tarifs d'électricité. Ce faisant, le gouvernement Couillard indique qu'il ne développera pas de nouveaux approvisionnements énergétiques tant et aussi longtemps que Québec aura une marge de manœuvre énergétique supérieure à 4 %.

Hors des grandes orientations données par la politique, les régions comme la Gaspésie attendaient beaucoup en termes de stratégies et d'engagements. C'est là toute la déception, commentent Daniel Côté, maire de Gaspé et de Jérôme Landry, maire de Matane.

Des emplois en jeu, des maires inquiets

Les maires où sont installées les usines manufacturières de composants éoliens, Gaspé, Matane et New Richmond, craignent de perdre plusieurs centaines d'emplois.

« On a fait un virement économique vers l'industrie éolienne et on est aujourd'hui encore plus dans l'incertitude », commente Daniel Côté.

Jérôme Landry rappelle que c'est le gouvernement du Québec qui a sollicité les entreprises comme Repower, Énercon, Marmen ou LM Windpower à s'installer au Québec et plus particulièrement en Gaspésie.

« Et là, on prend une pause, relève le maire de Matane, ce n'est pas comme ça que ça marche. »

Québec ouvre par contre la porte au développement éolien pour l'exportation vers d'autres marchés. « Cette perspective est intéressante, relève M. Landry, mais il faut que les ententes soient signées et ça prendra des lignes de transports, des infrastructures de transport. »

Le maire de New Richmond, Éric Dubé, est tout aussi préoccupé : « Ce sont 15 ans de reconversion économique de notre région qui sont menacées, on ne peut plus se mettre la tête dans le sable. »

Une industrie compétitive

Le directeur du Technocentre éolien, Frédéric Côté, constate que le gouvernement a été sensible à tout le battage médiatique autour des tarifs d'électricité et le développement éolien. Mais, ajoute-t-il, puisque dorénavant les hausses tarifaires seront liées à l'inflation, les filières comme l'éolien ou l'hydroélectricité ne seront plus en compétition.

Le maire Landry ne craint pas pour sa part les comparaisons entre l'industrie éolienne et l'hydroélectricité. « On est très confiant. On est passé de 12 ¢ du mégawatt lors du premier appel d'offres à un peu plus de 6 ¢ lors du dernier, c'est moins cher que l'hydroélectricité », soutient-il.

Québec a incidemment mandaté Hydro-Québec pour faire le bilan du développement de l'industrie éolienne.

Pour sa part, Frédéric Côté estime que Québec n'abandonne pas le secteur éolien. Québec, explique-t-il, a divisé le marché en trois sections. Au sud, dans les zones habitées, le gouvernement lie le développement aux réserves énergétiques.

Dans le Grand Nord, poursuit Frédéric Côté, il ouvre la voie à de petits projets soit pour les communautés autochtones ou pour les entreprises minières. « Mais c'est un marché de petite taille », admet M. Côté.

Enfin, le marché d'exportation. « Il est tout à fait possible de voir des parcs éoliens se construire pour une production destinée à l'exportation », souligne le directeur du Technocentre.

Rencontre d'urgence demandée 

Beaucoup de flou entoure le soutien qu'apportera le gouvernement à l'industrie éolienne, soulignent d'ailleurs les deux maires. « Il nous faut des réponses du gouvernement pour les manufacturiers de composantes éoliennes », lancent les deux élus.

Les maires de Gaspé, de Matane et de New Richmond ont donc demandé officiellement à rencontrer le ministre de l'Énergie, Pierre Arcand, afin de faire la lumière sur l'avenir de l'industrie éolienne dans la région désignée : la Gaspésie et la Matanie.

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