Elles sont soeurs, filles, mères, tantes ou grand-mères... Elles sont nombreuses à combattre le cancer du sein, avec de plus en plus de succès. Michèle Bouchard, de Cap-au-Renard, célèbre particulièrement le temps des Fêtes cette année, après avoir surmonté un cancer du sein. Une lutte qui amène souvent son lot de réflexions sur la vie, la maladie et la mort.

Un texte de Laurence Gallant.

La tumeur de Michèle Bouchard avait eu le temps de quadrupler en grosseur, entre le moment où elle est allée consulter son médecin et ses deux opérations, à la fin de l’année de 2015.

La psychologue à la retraite de 66 ans était sous le choc, après avoir appris son diagnostic de cancer au téléphone.

« À rebours, je suis contente qu’on me l’ait dit au téléphone, à la place de me faire venir, m’expliquer ça, peut-être perdre encore une semaine, deux semaines. Dans ces cas-là, je pense que le temps est important. »

À une vitesse fulgurante, en l’espace de quelques mois, tout a été pris en charge.

Une vie en suspend

Une fois la tumeur et ses ganglions retirés, Michèle Bouchard a dû faire la navette entre Cap-au-Renard, Sainte-Anne-des-Monts et Rimouski pour recevoir ses traitements de chimiothérapie et de radiothérapie.

Mais le moment le plus éprouvant pour madame Bouchard a été d'apprendre qu’elle avait une tache sur le foie.

L’hémato-oncologue m’avait dit " Si vous avez quelque chose sur le foie, on vous renvoie chez vous, il n’y a rien à faire ".

Michèle Bouchard

Michèle Bouchard a passé les quinze jours suivants à se demander si elle était un cas perdu. Malgré l’impuissance et la peur de souffrir, la Gaspésienne est demeurée philosophe :

« Il me semble que j’aurais goûté plus à la vie […], mais en même temps, je me disais " t’as eu une bonne vie, t’as fait ce que t’as voulu, t’as eu plein de belles choses, t’as vu plein de belles choses, t’as entendu plein de belles choses, ben regarde, ce sera ça ! " »

L’incertitude s’est transformée en soulagement, lorsque Michèle Bouchard a appris que son foie était en santé.

Vivre dans l’intensité

Michèle Bouchard doit toujours être traitée à l’hormonothérapie, mais son cancer du sein est maintenant derrière elle : « Ce cancer-là, on n’en parle plus », dit-elle, bien qu’elle demeure sur ses gardes. Elle sait qu’il est toujours difficile de dire qu’un cancer est complètement éradiqué.

Soutenue à toutes les étapes par son conjoint, elle s’en est sortie avec une cicatrice à la poitrine, ce dont elle ne fait pas grand cas. Elle souligne que son rapport au corps est différent, à l'aube de ses 67 ans. « Je vous dirais peut-être autre chose, si j’avais trente ans », affirme-t-elle.

Elle a toujours été bonne vivante, mais elle se dit qu’elle doit vivre chaque minute plus intensément encore.

S’il te reste dix ans à vivre, tu passeras pas dix ans à regarder la télévision. Tu vas vivre, tu vas goûter, tu vas sentir, tu vas prendre tout ce qu'il y a de beau de la vie à prendre.

Michèle Bouchard

Des fleurs au système de santé

Alors que « beaucoup de gens chiâlent contre le système de santé », Michèle Bouchard a été ravie par les établissements de santé qu’elle a fréquentés ainsi que les professionnels qui l’ont soignée.

Les gens dans le système de santé, je n’ai que de bons mots à leur sujet, malgré le fait que j’étais en région, que j’étais loin de Rimouski.

Michèle Bouchard

Son passage à l’hôtellerie Omer-Brazeau de Rimouski, où plusieurs services sont offerts aux personnes atteintes du cancer, l’a aussi choyée : « On peut presque oublier qu’on est malade », déclare-t-elle.

Avec trois filles et neuf petits-enfants, Michèle Bouchard se promet ainsi d’en profiter d’autant plus maintenant qu’elle est remise. Elle prépare même un voyage en Asie, après le temps des fêtes.

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