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Procès de Réal Savoie : bientôt place à Mr Big

Le témoignage des agents d'infiltration de l'opération Mr Big, qui a mené à l'arrestation de Réal Savoie s'est terminé en matinée, au palais de justice de New Carlisle.

Un texte de Joane Bérubé

La cour a aussi pu entendre le témoignage du policier de la Sûreté du Québec qui a participé à l’arrestation de Réal Savoie le 16 avril 2014.

Au début du contre-interrogatoire de l’agent d’infiltration, surnommé Tony, l'avocat de la défense, Me Marcel Guérin, a une fois de plus, mardi matin, longuement insisté sur les souvenirs et la prise de notes du témoin, qui a participé à plus d'une trentaine des 65 scénarios, mis en place par les policiers pour faire croire à Réal Savoie qu'il prenait part aux activités d'une grande organisation criminelle.

Me Guérin a notamment demandé au témoin pourquoi, dans son rapport, il avait noté les paroles de l'accusé, mais pas les siennes.

L'avocat est ainsi revenu plusieurs fois sur les injures d'ordre sexuel que le témoin aurait proférées envers une employée de la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) en présence de Savoie.

Plusieurs autres questions de la défense ont porté sur les détails des différentes mises en scène auxquelles a participé le témoin ainsi que sur les interventions et le rôle allégué de l'accusé dans les scénarios.

Le témoin a aussi été interrogé sur les mandats qu’il recevait lorsqu’il était en interaction avec l’accusé. L'agent d’infiltration a indiqué que ce n'est pas lui qui déterminait les objectifs des scénarios comme la mise en confiance, l’impact ou la prise de contact, mais l'agent couvreur.

La défense s’est aussi intéressée à un scénario qui se serait déroulé à Calgary. Les policiers avaient alors organisé ce voyage pour éloigner Réal Savoie du Québec durant une période où de la publicité sur les crimes non résolus, dont celui de Sonia Raymond, était diffusée.

Un autre agent d’infiltration de la GRC a aussi été brièvement entendu par la cour en fin de matinée.

Arrestation

Jusqu’alors la salle d'audience était coupée en deux par un immense paravent qui séparait le public de la cour, afin de protéger l'anonymat des agents d'infiltration.

Le public ne pouvait qu’entendre les témoins et les procureurs tourner leurs pages de notes ainsi que leurs interactions au micro, ponctuées de longs silences.

La salle du tribunal a toutefois repris des allures plus normales en fin de matinée avec le témoin du policier, André Robitaille, l’enquêteur qui a procédé à l’arrestation de l’accusé en avril 2014.

Il a expliqué au jury avoir rencontré l’accusé deux jours avant son arrestation en compagnie d’un collègue. Les deux policiers ont alors informé Réal Savoie que le dossier de Sonia Raymond était réactivé et que certaines nouvelles techniques permettraient de le relier au meurtre.

L'accusé, selon le témoin, n'a émis aucun commentaire.

Réal Savoie a ensuite été arrêté deux jours plus tard dans la cour d’un supermarché de Laval. D'après le témoin, lors de son arrestation, Réal Savoie a coopéré avec les policiers, mais sans communiquer ni interagir avec eux.

Témoignage attendu

Jusqu’à maintenant plus d’une demi-douzaine d’agents d’infiltration ont été entendus par le jury. Chacun est venu décrire son rôle dans les 65 scénarios mis en place dans le cadre de l’opération Maillet.

Les agents ont décrit Real Savoie comme étant une personne plutôt réservée, mais qui devenait plus à l'aise au fil du temps. Des témoins en ont parlé comme d’un homme très intelligent, qui assimilait tout et effectuait son travail sans contrainte au sein de la fausse organisation criminelle.

Réal Savoie aurait notamment participé à du transport d’explosifs ou de la vente de marchandises contrefaites. Il aurait aussi assisté à de faux enlèvements et de faux passages à tabac. Il aurait manipulé des milliers de dollars en argent comptant provenant d'activités criminelles fictives.

Un des témoignages des plus attendus est celui du policier qui jouait le rôle du grand patron de la fausse organisation criminelle. Toute l'opération d'infiltration visait à préparer Real Savoie à rencontrer ce Mr Big, celui que les faux criminels surnommaient "le cousin".

Après ce témoignage, le jury devrait aussi visionner l'enregistrement vidéo de cette rencontre de 1 heure 45 minutes.

Une dizaine de personnes assistent aux audiences, dont la sœur de la victime, Céline Raymond, qui n'a pas manqué une journée d'audience jusqu'à maintenant.

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