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Procès de Réal Savoie : la crédibilité du témoin mise à l'épreuve

Au lendemain de la vidéo troublante montrant Réal Savoie qui, selon la Couronne, s'incriminerait du meurtre de Sonia Raymond devant Mr Big, le contre interrogatoire de l'agent d'infiltration a pris fin jeudi.

La défense a une fois de plus testé la crédibilité du témoin, soit l'agent d'infiltration qui incarnait Mr Big. Le présumé meurtrier de Sonia Raymond lui aurait fait des aveux, selon la Couronne, dans une vidéo présentée mercredi.

L’agent d’infiltration a été questionné sur les éléments de la preuve (hold back) que les policiers détenaient. Il s’agit d’informations qui ne seraient connues uniquement que par les enquêteurs et le meurtrier.

L'avocat de la défense, Me Marcel Guérin, a demandé à l'agent d'infiltration s'il détenait des informations spécifiques pour se préparer? Il a donné en exemple, le nombre de coups de couteau portés à la victime.

« Oui, a répondu l'agent, pour corroborer des faits »

L'avocat a demandé, à propos des gestes sexuels, « saviez-vous que c’était un hold back? ». L’agent a ajouté qu’ « on savait qu'il y avait pas d'ADN, il n'y avait pas de sperme sur la victime »

L’avocat a aussi demandé à Mr Big à quel moment de l'entrevue il a senti qu’il avait assez d’information.

Le témoin a répondu : « après avoir formulé trois fois les questions et obtenu des réponses et en restant en contact avec les autres agents on a convenu qu'on avait ce qu'on voulait ». L'avocat de la défense questionne encore : « Est-ce vrai de dire que vous obtenez toujours des aveux? »

Le policier a répondu : « Lorsqu'on monte un Mr Big, les personnes sont des suspects sérieux pour le crime. » Il a ajouté : « mais il arrive aussi que des personnes n'aient rien voir avec un crime. »

Me Guérin questionne encore : « Est-ce exact de dire que vous avez fait miroiter des avantages pour obtenir des aveux? »

« J'étais pas là, à la recherche d'aveux, mais de la vérité », a répondu l'agent d'infiltration.

Témoignage d'un technicien de scène de crime

Puis un autre témoin, un technicien de scène de crime de la SQ, est venu expliquer que les recherches des policiers pour retrouver l'arme du crime (selon les indications de Savoie dans la vidéo d'avril 2014) ont été vaines lors d'un ratissage à Saint-Omer.

En juin 2014, une équipe de six policiers s'était rendue sur le chemin du dépotoir avec des détecteurs de métal pour sonder une surface de 7000 mètres carrés. Mais, 18 ans plus tard, la forêt avait repris ses droits et les policiers n'ont pas retrouvé le couteau.

Enfin, une policière est venue expliquer que l'interrogatoire de Réal Savoie qu'elle a réalisé après son arrestation au quartier général de la SQ, rue Parthenais à Montréal, a duré environ six heures. Savoie n'aura parlé qu'une vingtaine de minutes en répondant des oui et des non, a-t-elle dit. Savoie n'était pas coopératif, a expliqué l'agent Chantal Daudelin, qui a ajouté que Savoie fuyait son regard.

Le procès est ajourné jusqu'à lundi, l'avocat de l'accusé a annoncé que Savoie devrait témoigner mardi.

Selon les informations de Pierre Cotton

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