Retour

Projet d'agrandissement pour Cédrico, malgré une autre guerre du bois d'œuvre à l'horizon

Le président de Bois d'œuvre Cédrico, Denis Bérubé, a entrepris un projet d'agrandissement de son usine de Causapscal, dans le but de la moderniser. L'homme d'affaires avance prudemment dans ce projet, car l'entente du bois d'œuvre est loin d'être conclue avec les États-Unis, et un autre conflit pointe à l'horizon.

Un texte de Jean-François Deschênes

Le président demeure discret sur le montant investi, mais il s'agit d'un investissement majeur selon lui.

Cet été, le projet se résumera à l'agrandissement de l'usine, dans le but de la préparer à recevoir de nouveaux équipements à la fine pointe de la technologie. Denis Bérubé veut moderniser sa ligne principale de sciage.

Il veut observer l'évolution des négociations avec les États-Unis avant de prendre une décision finale.

« Je ne suis pas en mesure de dire en ce moment quand on fera ce projet-là, mais on sait ce qu'on veut installer. Nos choix sont faits et on se prépare. On a toujours fait, nous Cédrico, des investissements dans les périodes creuses pour faire en sorte que quand la bonne période revient, ben on est prêt. »

Le projet permettra d'augmenter la capacité de production de l'industriel du bois de sciage, ce qui créera de nouveaux emplois. 

Cédrico est sorti vivant de la dernière crise du bois d'oeuvre, suivie d'une crise économique. Mais il a tout de même perdu 55 % de ses approvisionnements en forêt publique.

Aujourd'hui, 75 % du bois de Cédrico est vendu aux États-Unis

5e crise du bois d'œuvre?

Le président directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, André Tremblay, hésite à se prononcer sur un projet d'investissement à un moment où une crise est imminente avec les États-Unis « Moi j'attendrais quelques mois pour voir si le ciel va être un peu plus clair et que je vais voir davantage de l'avant. »

M. Tremblay, estime que la prochaine crise est inévitable pour bien des raisons. Il y a par exemple, les élections qui sont en cours chez nos voisins du sud. « Durant la période électorale, il n'y a pas vraiment de décision qui va se prendre » croit-il.

Le délai pour une nouvelle entente est prévu en octobre prochain.

Les deux parties sont campées sur leur position, d'un côté les Américains veulent qu'il y ait une limite de bois exporté. De l'autre, un Canada avec des enjeux qui varient selon les provinces. Le Québec, rappelle Monsieur Tremblay, veut une libre circulation frontalière et demande que soit reconnu le système d'enchère publique, qui a d'ailleurs été mis en place à la demande des États-Unis.

Pour éviter la crise, le professeur en politique forestière à l'Université Laval, Luc Bouthillier, croit qu'il faudra que les deux pays mettent de l'eau dans leur vin et fassent des concessions.

Concernant un investissement dans une usine de bois, il se dit que c'est une question d'affaires. Il croit que si l'entrepreneur a les reins solides et qu'il a une bonne lecture du marché « moi je n'aurais pas peur des poursuites (des américains) et de la cinquième guerre du bois d'œuvre. » Par contre il ajoute que si le coût du bois est élevé et que la matière première est éloignée, « c'est ce que j'appelle de la vulnérabilité » s'est-il contenté de dire.

Si la crise éclate, il s'agirait de la cinquième, rappelle M. Lebouthillier, en précisant que la première a eu lieu en 1820.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine