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Québec Solidaire en tournée au Bas-Saint-Laurent : redonner le pouvoir aux régions

Comment un gouvernement devrait-il intervenir pour soutenir l'économie régionale? Québec Solidaire s'est posé la question, lors d'une assemblée publique qui avait lieu samedi à Rimouski et qui se transporte à Rivière-du-Loup dimanche.

Un texte de Laurence Gallant

L'assemblée s'inscrit dans la vaste tournée provinciale entreprise par la formation politique, autour du thème « Un Québec riche de ses régions ».

Encourager le commerce local

La députée et porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, croit qu'il faut notamment développer un lien plus étroit entre la population et les agriculteurs, et multiplier les marchés publics. « Ce qui m'a le plus frappée depuis que je suis arrivée au Bas-Saint-Laurent, c'est la capacité des acteurs locaux à s'organiser », souligne-t-elle.

Claire Bolduc, présidente de Solidarité rurale du Québec, soutient que le défi actuel des régions et de la ruralité, c'est d'abord de se faire entendre. Selon elle, les milieux ruraux ont de la difficulté à faire comprendre quels sont leurs enjeux, alors qu'on leur impose des modèles de développement économique qui ne conviennent plus :

Pour Claire Bolduc, les structures de concertation et d'intervention locales qui ont été abolies depuis un an et demi, comme les centres locaux de développement (CLD), étaient importantes, voire essentielles pour les milieux ruraux.

La Stratégie maritime, pour qui?

Françoise David soutient que ce sont les acteurs locaux qui doivent décider du développement de leur propre région, notamment pour la stratégie maritime du Québec, proposée par le gouvernement libéral. Le projet semble manquer de clarté pour les secteurs plus loin des grands centres, selon la porte-parole de Québec Solidaire :

Pour rendre le projet plus clair, selon Mme David, quelqu'un devrait agir comme catalyseur, rassembleur entre les citoyens, les entreprises privées et les institutions d'enseignement, pour réfléchir à ce que pourrait devenir le fleuve, comme outil de transport maritime. Elle rejette l'option des matières dangereuses, mais les produits de consommation courante pourraient être davantage transportés par bateau, ce qui serait plus écologique que par camion, par exemple.

Le pari des matières premières serait peu profitable, à long terme

Du côté de l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques, l'IRIS, le chercheur Bertrand Schepper-Valiquette doute que le gouvernement ait fait le bon choix, en investissant dans l'exploitation des ressources primaires, au détriment des services publics.

Selon lui, les mesures d'austérité actuelles touchent directement les retombées économiques destinées en temps normal aux régions. Un enseignant, par exemple va dépenser son argent sur le territoire, contrairement à un promoteur pétrolier, dont les profits ne resteront pas dans l'économie du Québec.

Pour le chercheur, le Québec devrait profiter du virage que prennent certaines industries mondiales, qui se tournent de plus en plus vers l'efficacité énergétique. Développer une expertise dans le secteur manufacturier et des énergies vertes, par exemple, permettrait à la province de compétitionner sur le plan mondial.

Après Rimouski samedi, Rivière-du-Loup est l'hôte d'une assemblée semblable, dimanche à 14 heures à la microbrasserie Aux Fous Brassant.

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