Retour

Quel avenir pour l'église et le presbytère de Saint-Jérôme de Matane?

Un groupe de Matanais se demande ce qu'il adviendra des bâtiments patrimoniaux que sont le presbytère et l'église Saint-Jérôme.

Un texte de Joane Bérubé

Depuis l'été, les anciennes fabriques des trois paroisses de Matane ont été abolies pour faire place à la Fabrique Cœur-Immaculée-de-Marie, dont les services ont été regroupés au presbytère de Saint-Rédempteur.

Une des trois églises de Matane, l'église Bon-Pasteur, a aussi cette année été vendue pour la somme de 1 $ à la Société d'histoire et de généalogie de Matane.

Le Regroupement pour la sauvegarde du presbytère Saint-Jérôme a donc décidé de relancer la Société Patrimoine Matane pour conserver leur vocation religieuse à l'église et au presbytère de Saint-Jérôme.

Selon un des porte-parole du groupe, Richard Labrie, les Matanais ne pourront pas conserver longtemps deux églises.

Il rappelle que lors du décret de fondation de la nouvelle fabrique, l'archevêché a indiqué qu'il n'y avait pas d'église qui serait vendue ou fermée pour le moment. « C'est pour le moment qui m'inquiète. Dans deux ou trois ans, laquelle ils vont vouloir conserver pour Matane? », demande M. Labrie.

L'ancien président de la fabrique de Saint-Jerôme, Raymond Tremblay, estime aussi que les citoyens doivent s'engager dès maintenant.

Relance de la Société du patrimoine de Matane

Le Regroupement pour la sauvegarde du presbytère Saint-Jérôme a contacté la Ville, pour récupérer la charte de la Société du patrimoine de Matane, un organisme fondé en 2009 pour sauver le presbytère.

Il était alors question de vendre le bâtiment pour l'intégrer à un complexe de logements, destiné aux personnes âgées. En récupérant la charte, l'organisme espère recruter une centaine de membres, fonder un conseil d'administration.

Le groupe entend aussi lancer une campagne de financement afin de préserver les deux immeubles.  Il se concentrera dans un premier temps sur la sauvegarde du presbytère.

Pas à fermer, pas à vendre

Le nouveau président de la Fabrique Cœur-Immaculée-de-Marie, Michel Barriault, assure qu'il n'y a présentement aucune discussion sur la fermeture ou la vente du presbytère ou de l'église de Saint-Jérôme.

« Je suis à gérer le présent, dit-il, mais je ne suis pas prophète. Les gens qui pratiquent encore sont en décroissance et on n'a pas encore atteint le creux de la vague. Probablement qu'un nouveau conseil de fabrique aura des décisions à prendre, mais il n'est pas dans l'air, il n'y a pas de décision pour fermer quelque église ou quelque presbytère que ce soit. »

Il explique que c'était une volonté de l'archevêché de regrouper les services administratifs de la nouvelle fabrique dans un seul presbytère. « Le presbytère qui s'y prêtait le plus et qui demandait le moins d'investissement était celui de Saint-Rédempteur », explique M. Barriault

Il confirme toutefois que la nouvelle fabrique s'est informée sur un éventuel changement de zonage du presbytère de Saint-Jérôme, mais qu'aucune demande n'a été déposée.

Le presbytère de Saint-Jérôme demeurera une résidence pour les prêtres et les religieux, assure M. Barriault, et si un jour le bâtiment devait changer de vocation, tout le monde sera consulté.

Le regroupement pour la sauvegarde du presbytère de Saint-Jérôme craint à cet égard qu'un changement de vocation oblige les propriétaires à entreprendre de coûteux travaux pour remettre le bâtiment aux nouvelles normes de sécurité et d'incendie.

Réparations de l'église Saint-Jérôme

La nouvelle fabrique a aussi hérité d'un montant de plus de 90 000 $ qui provenait du ministère de la Culture et d'une campagne de financement pour réparer le clocher et les clochetons de l'église Saint-Jérôme.

M. Barriault confirme que l'argent est utilisé actuellement, pour restaurer une partie de la toiture de l'église de Saint-Jérôme. Toutefois, les dégâts causés par l'écoulement d'eau dans le jubé de l'église ne pourront être réparés. Les soumissions reçues au début septembre étaient trop élevées pour entreprendre les travaux.

Michel Barriault déplore l'attitude du nouveau regroupement. « Ils ne nous interpellent jamais pour avoir de l'information. On lance des ballons et on se contente de ça », commente M. Barriault.

Il estime que les démarches actuelles risquent de détruire ce que les nouveaux marguillers tentent de construire et invite plutôt ces paroissiens inquiets à s'asseoir avec la Fabrique pour déployer des moyens de financement qui permettront de conserver à long terme les bâtiments religieux de Matane.

Plus d'articles