Quel avenir pour les hommes en région ? C'est la question qui est posée au premier colloque régional sur les réalités masculines au Bas-Saint-Laurent, tenu cette fin de semaine à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Un texte de Sébastien DesrosiersTwitterCourriel

L'événement, organisé par la Table de concertation sur les réalités masculines du Bas-Saint-Laurent, propose des conférences et des ateliers pour aborder les problématiques que vivent les hommes dans divers contextes tels les relations amoureuses, la paternité ou encore le travail.

Sacha Genest-Dufault, professeur en travail social à l'UQAR et membre du comité organisateur, croit que les hommes en région présentent « un profil un petit peu plus homogène » qu'en ville, mais que la situation est en train de changer.

« Dans le colloque, il y avait un panel où on retrouvait un étudiant qui venait d'Afrique et qui organise des groupes pour des hommes immigrants, explique-t-il. Il y avait aussi une femme qui travaille à MAINS Bas-Saint-Laurent, un organisme de la région qui travaille entre autres avec la communauté LGBT et particulièrement avec les hommes trans, qui sont en processus de changement de sexe. Donc on ne peut plus dire que c'est si caractéristique des régions d'afficher des profils d'hommes un petit peu plus communs : blancs, hétérosexuels. C'est quelque chose qui m'apparaît assez stimulant. »

De plus en plus nombreux à demander de l'aide

« Les homosexuels et les immigrants font partie de sous-groupes qu'on voit apparaître qui ont besoin d'aide », indique André Boudreau, directeur général de C-TA-C, un organisme de Rimouski qui fait de l'intervention auprès des hommes qui vivent des difficultés ou encore qui ont des comportements violents.

Les hommes doivent oser demander de l'aide ce qui, selon lui, constitue un enjeu majeur, bien qu'il note une certaine évolution à ce chapitre. « Dans l'objet du colloque, c'est de se demander qu'est-ce qu'on ne voit pas encore. Quelles sont les éléments qu'on ne perçoit pas ? », dit-il.

Par exemple, C-TA-C s'attaque au problème de la violence conjugale depuis 26 ans, mais il ne vient en aide aux hommes en difficulté de manière générale que depuis une dizaine d'années. « Depuis trois ans, on fait des rencontres pour les hommes dans le cadre de cours pré-nataux, où on n'est pas dans une problématique, mais bien dans un enjeu positif, soit l'arrivée d'un enfant, explique André Boudreau. Comme gars, comment on voit la paternité qui s'en vient ? Quel rôle on veut jouer ? »

La Table de concertation espérait avoir une centaine de participants, un objectif qui a été dépassé puisqu'environ 150 personnes ont participé au colloque, dont des intervenants en relation d'aide, des psychologues, des psychiatres, des étudiants en travail social, ainsi que des membres du public intéressés par cette thématique.

Intéresser les hommes au travail social

Le professeur en travail social à l'UQAR, Sacha Genest-Dufault, s'interroge sur la place faite aux hommes qui ont des problèmes, mais aussi à la place faite à ceux qui veulent les régler.

« Je suis impliqué dans ce domaine-là depuis une quinzaine d'années et rapidement ce qui m'a interpellé, c'est que moi par exemple, quand j'ai suivi ma formation à l'Université Laval, c'est qu'il y a à peu près 10% des futurs intervenants sociaux qui sont des hommes, avance-t-il. Autrement dit, on était une dizaine d'hommes étudiants dans un groupe de 150 au baccalauréat. Rapidement, je me suis posé la question : quelle est la place des hommes dans ces métiers-là d'aidants? »

C'est une disparité qu'il observe toujours aujourd'hui dans ses classes. Or, il aimerait qu'un plus grand nombre d'activités encouragent les hommes à entreprendre des carrières dans des domaines comme le travail social.

Il trace d'ailleurs un parallèle avec des activités comme « Les filles et les sciences : un duo électrisant! » ou encore « Chapeau les filles », qui visent à attirer une clientèle féminine dans les professions dominées par les hommes.

« J'ai une petite fille de 7 ans et je trouve que ce sont des activités formidables, et je crois qu'on doit en avoir plus pour intéresser nos filles à des métiers comme ça, moins traditionnels, qui peuvent paraître plus difficiles à intégrer pour elles, soutient Sacha Genest-Dufault. Je pense qu'on pourrait faire la même chose du côté des hommes : comment vendre des professions de relation d'aide quand parfois c'est moins dans la culture de certains? »

Il souhaiterait d'ailleurs tenir un autre colloque du genre dans un futur rapproché.

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