Il y a près d'un an, le gouvernement Couillard abolissait officiellement les Centres locaux de développement avec son projet de loi 28 qui a été adopté sous le bâillon à l'Assemblée nationale.

Une abolition qui semble avoir eu pour effet de désorganiser les services et de raréfier le financement.

Difficile d'obtenir de l'aide

La propriétaire du salon de beauté A/S Esthétique, Aude Brillant, se lance en affaires pour une deuxième fois avec la coopérative Riki Bloc. Elle explique qu'il a été plus difficile d'obtenir de l'aide:

« On est allés voir le CLD, ils étaient vers la fin de leurs activités, ils nous ont dirigés vers la SOPER. À la SOPER on a commencé quelques rencontres pis ils nous ont dit que vu qu'on était une coopérative, c'était surtout vers la CDR qu'il fallait qu'on se tourne », explique Aude Brillant.

Toutefois, la Coopérative de développement régional (CDR) a elle aussi subi les effets des compressions du gouvernement Couillard. Elle compte deux employés qui couvrent tout le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord. Difficile, donc, d'obtenir un rendez-vous selon Mme Brillant:

« Ils font ce qu'ils peuvent dans le fond, on le voit très bien, pis dans la mesure de ce qu'ils peuvent nous offrir çela été très bien fait mais on voit qu'ils manquent de ressources. »

Impacts sur les autres organismes

Depuis l'abolition des CLD, les demandes de prêts ont doublé à l'organisme Accès-crédit de Rimouski.

Son directeur, Étienne Lessard, explique que la Société de promotion économique de Rimouski, qui a repris le mandat du CLD, n'offre pas de prêts de moins de 10 000 $.

« Ça ça affecte des petits projets, ils sont moins connus parce que plus petits mais il y en a beaucoup qui se retrouvent sans financement dans Rimouski-Neigette alors ça nous met un peu plus de pression, un peu plus de demandes. »

À la Société d'aide au développement des collectivités, la SADC, l'abolition des CLD a eu peu d'impact selon son directeur, Yvan Collin. Il avoue que la transition a été difficile, mais il affirme qu'il y a maintenant une très belle collaboration avec la SOPER.

Dans la MRC de la Mitis, le CLD a été préservé. Toutefois, on enregistre une baisse de 37 % du volume d'affaires par rapport à l'an dernier. Le président, Jean-Marie Thibault, croit que les gens ont déserté le CLD car ils croyaient qu'il n'existait plus:

« Notre tâche sera de contrer le message national abolissant les CLD et de faire rejaillir notre offre de service », dit-il.

Un modèle malgré tout

Depuis qu'elle a pris en main le développement économique de la MRC de Rimouski-Neigette, la Société de promotion économique de Rimouski a prêté près de 750 000 $ et créé ou préservé 90 emplois. Le directeur, Martin Beaulieu, considère qu'en général, la transition se passe bien.

« Tout le monde était conscient qu'il y avait moins de ressources. Je pense que les liens entre les différents organismes de financement se sont resserrés. On fait de plus en plus de dossiers en collaboration. »

Malgré tout, le fonctionnement de la SOPER semble être un modèle au Québec, puisque l'organisme est en nomination pour le Mérite Ovation municipale de l'Union des municipalités du Québec.

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