Michel Rivard est de passage dans l'Est du Québec pour présenter 11 spectacles en 16 jours. L'auteur-compositeur-interprète fête ses 40 ans de carrière solo avec la tournée Chansons dans le creux de l'oreille. La journaliste culturelle Nadia Ross a profité de cette occasion pour s'entretenir avec lui.

Pendant cette tournée, vous serez seul sur scène avec vos deux guitares, pourquoi avoir choisi ce format?

« J’ai toujours alterné les tournées full band avec les tournées soit en duo, en trio, en solo, mais ça faisait un bout de temps que je n’en avais pas fait. C’est un peu la façon pour moi de fêter ce pseudo-anniversaire de 40 ans de carrière solo, en me payant la traite et en, je l’espère, payant la traite aux gens d’une série de rencontres vraiment intimistes. »

À quoi ressemble le contenu du spectacle?

« Il y a une grosse partie qui est, on revisite le répertoire, on revisite 40 ans d’écriture de chansons, on donne aux gens des chansons qu’ils ont le goût d’entendre [...] Il y a aussi un bon bloc de cinq ou six nouvelles chansons, complètement nouvelles, et des monologues nouveaux, des approches nouvelles à toutes sortes de choses. C’est ce juste milieu-là que je voulais faire. »

Faites-vous toujours le même spectacle ou avez-vous une certaine liberté?

« On n’en a pas fait deux pareils jusqu’à maintenant. J’ai quand même une structure parce que j’aime bien qu’il y ait un sens dans le spectacle, mais il y a quand même cette liberté-là, d’allonger le show, de le raccourcir, de changer une chanson. La constante, c’est de garder un contact très fort avec les gens, c’est le grand plaisir de faire des petites salles et d’être complètement mobile. C’est de pouvoir voyager à l’intérieur du répertoire, mais aussi d’amener les gens dans notre voyage. »

Est-ce plus facile pour un artiste établi de continuer, que pour un jeune de se trouver un public?

« C’est difficile pour moi de penser comme un jeune. Commencer en 2017, je ne sais pas ce que c’est, la game est tellement différente [...] Mais je pense qu’il y a une chose qui ne change pas, qu’on soit vieux ou jeune, c’est que si on est passionné, on trouve le moyen de faire. C’est sûr que je ne pourrais pas faire une tournée de grosses salles et remplir partout. On s’entend, j’ai un public qui a vieilli un peu et c’est parfait, c’est ma gang. J’aime aussi voir qu’ils ont amené leurs jeunes avec eux autres. Mais cette espèce de passion-là de dire : "Regarde, de toute façon, moi, c’est ça que je veux faire. S’il y a 15 personnes, je vais rendre 15 personnes heureuses. S’il y en a 3000, je vais rendre 3000 personnes heureuses". C’est ça mon métier, c’est mon artisanat, c’est ce que j’ai à faire [...] J’ai toujours considéré que c’était mon métier avant tout, ce n’est pas le succès qui est important, c’est de tous les jours avoir le goût de jouer de la guitare et avoir le goût d’écrire de nouvelles chansons. »

Comment va la chanson française?

« Je ne suis pas un analyste, mais ce que je peux dire, c’est qu’il n’y a pas une période dans ces 45 ans de carrière où je n’ai pas entendu de très très bonnes chansons françaises, québécoises, des gens qui ont fracassé les moules établis pour arriver avec quelque chose de nouveau. C’est sûr que les disques se vendent moins, on est en train de tout réadapter. On va trouver le moyen que les droits d’auteur soient rémunérés convenablement pour les plateformes numériques. Je regarde les jeunes autour de moi, les Patrice Michaud, les Vincent Vallières et les Marie-Pierre Arthur qui font des tournées substantielles et je me dis bon, il y a de l’espoir [...] Pour ce qui est du sort de la langue, aussitôt que j’ai une plateforme, j’encourage les jeunes qui se disent : "Oui, mais nous on écoute de la musique anglophone, alors on est aussi bien de faire ça". Nous autres, dans le temps de Beau Dommage, on écoutait les Beatles, les Stones, Bob Dylan, Frank Zappa et Genesis et notre but c’était de faire une musique aussi excitante que ces gens-là, mais dans notre langue, en parlant de notre réalité et je pense que c’est encore possible et qu’il y a des gens qui nous le prouvent. »

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