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Réapprendre à vivre et à marcher après avoir frôlé la mort

René-Jacques Landry, 27 ans, revient de loin. Après avoir fait une collision frontale sur la route près de Petit-Matane et subi plusieurs séquelles, le jeune homme est de nouveau capable de marcher et de retour aux études à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Un texte de Laurence Gallant.

Trois ans jour pour jour après avoir frôlé la mort, le jeune homme, qui a grandi à Amqui, dit vouloir célébrer autre chose :

« C’est techniquement l’anniversaire de ma nièce, ma filleule, aujourd’hui, alors ce serait bien de pouvoir célébrer les bonnes choses, et pas juste célébrer les mauvaises. »

Diaphragme déchiré, poumon perforé, fractures ouvertes, bassin cassé, traumatisme crânien et pertes importantes de sang… « J’étais dans un sale état », décrit René-Jacques Landry, qui précise n’avoir aucun souvenir de l’accident.

Il était, à l’époque, technicien en électronique, et s’était déplacé aux Méchins pour servir un client. Pour le reste, il ne se souvient de rien du contexte de l'accident.

Il paraît qu’il y avait beaucoup de glace, et qu’il faisait tempête. Et j’ai eu un gros accident. Un face à face.

René-Jacques Landry

D’après ce qu’on lui a raconté, les soins d’urgence ont pris trois quarts d’heure à le sortir de son véhicule embouti.

Après être sorti d’un coma artificiel de deux semaines, René-Jacques raconte avoir été désorienté et désorganisé pendant plusieurs jours, à cause de son traumatisme crânien. Certaines séquelles se font d’ailleurs toujours sentir :

Un traumatisme crânien, ça affecte beaucoup beaucoup de choses, dont la parole et la façon dont on exprime nos émotions.

René-Jacques Landry

Entre table de redressement, marchette, orthèses, canne et séances avec physiothérapeutes, entraîneurs et orthophonistes, les étapes ont été multiples et longues avant que le jeune homme puisse marcher à nouveau. Son transfert de Québec à Mont-Joli a été un soulagement pour sa famille et lui :

« [Côtoyer] des personnes, comme moi, qui ont quelque chose dans leur vie et qui sont en train de s’améliorer… Les thérapeutes sont toujours souriants, ils veulent toujours que tu le sois aussi. Ça donne un très bon climat pour s’améliorer, sérieusement. »

Neuf mois après sa collision frontale, René-Jacques a pu quitter, armé d’une canne, le milieu hospitalier où il vivait à temps plein. Bien des épreuves étaient encore à venir pour retrouver son autonomie :

On s’entend qu’à l’hôpital, c’est comme un cocon, quand tu es là, tu te sens bien. Oui, il y a des inconvénients, sauf que retourner en dehors de l’hôpital, c’est quand même un peu effrayant, rendu là.

René-Jacques Landry

René-Jacques est par la suite retourné en colocation. Trois ans après son accident, il ne peut toujours pas reprendre le travail, mais a repris des études au baccalauréat en administration à l’Université du Québec à Rimouski.

« Je fais pas de cas de ça. C’est arrivé, c’est quelque chose du passé pour moi, je peux pas changer le passé et ça donne l’homme que je suis aujourd’hui. […] Je fais juste m’améliorer depuis ce temps-là », indique-t-il.

Pour l’instant, il prend son retour aux études en mode « essai et erreur », et compte ralentir un peu plus la cadence, pour se permettre de réussir ses cours.

Je risque de vivre avec les séquelles toute ma vie. Mais ça veut pas dire qu’il faut que je me décourage parce que, sérieusement, si je n’avais pas même essayé, je serais probablement en chaise roulante ces jours-ci.

René-Jacques Landry

Sans vouloir trop se projeter dans l’avenir, René-Jacques Landry reste pourtant déterminé à améliorer sa condition, savourant, autant sur le plan physique que mental, chaque petite victoire.

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