La refonte des services ambulanciers de la province, proposée jeudi par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, risque de créer des iniquités entre les ambulanciers des grands centres et ceux des régions. C'est notamment l'avis de deux syndicats qui représentent les employés des services préhospitaliers d'urgence.

Un texte de Martin Toulgoat

Le ministre Barrette propose notamment de redonner la pleine gestion des conditions de travail aux compagnies ambulancières. Québec va donc se retirer des négociations avec le personnel ambulancier. La FTQ rappelle que la convention collective des 4000 ambulanciers de la province est échue depuis un an.

Cette privatisation des relations de travail inquiète aussi la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN). Le retrait de Québec des tables de négociation ouvrirait la porte à des disparités entre les conditions des ambulanciers des grands centres, par rapport à ceux des régions éloignées.


« Au niveau des conditions salariales, qu'on parle de primes, qu'on parle de salaires, qu'on parle de fonds de pension, on négocie la même chose pour l'ensemble de nos paramédics, peu importe où ils sont au Québec », précise son vice-président Dany Lacasse.

Par contre, les deux syndicats saluent la plus grande reddition de compte imposée aux compagnies ambulancières par le ministre Barrette, puisqu'elles reçoivent d'importantes sommes de l'État.


Une refonte trop timide


Mais cette refonte des services préhospitaliers d'urgence ne va pas assez loin, selon l'urgentologue Sylvain Trudel. L'ex-directeur médical des services préhospitaliers d'urgence en Gaspésie rappelle que le Rapport Ouellet, présenté au gouvernement, contenait 116 recommandations.


Il est d'avis que la centralisation de l'achat d'équipements médicaux et de véhicules ambulanciers permettra à Québec de réaliser des économies. Mais une nationalisation des services ambulanciers serait encore plus rentable à ses yeux.


« La vaste majorité des entreprises, actuellement, fait une très bonne job, mais est-ce qu'il y aurait moyen d'économiser de façon supplémentaire en nationalisant. Ma prétention a toujours été de dire que oui », soutient le médecin gaspésien.

Actuellement, au Québec, seuls les ambulanciers de Laval et de Montréal relèvent d'un organisme public, soit Urgences-Santé.

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