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Réforme Barrette : le témoignage d'une chirurgienne de Sept-Îles fait réagir

La sortie publique d'une chirurgienne de Sept-Îles critiquant la réforme Barrette crée des remous sur la Côte-Nord. Plusieurs intervenants dénoncent les délais induits par la décentralisation des services. 

Marion L'Espérance, chirurgienne de Sept-Îles, y dénonce la centralisation des soins médicaux instaurée par la réforme du ministre de la Santé qui se fait, selon elle, au détriment des services offerts dans la région.

La chirurgienne souligne notamment que les biopsies de cas de cancer sont analysées dans un laboratoire en Ontario, puisqu'il n'y a pas de pathologiste sur la Côte-Nord. Cette situation entraîne des délais pour les opérations et des conséquences pour les patients, selon elle.

« En ce moment [l'analyse des biopsies de cancer du sein], c'est fait à l'extérieur. Il faut que les spécimens se rendent promptement. Si ce n'est pas envoyé à l'intérieur de 72 heures ou s'il y a quelques problèmes que ce soit dans le transport, l'analyse du spécimen n'est pas fiable. Nous avons des questionnements par rapport aux décisions cliniques qu'on prend avec nos patients », explique-t-elle en entrevue. 

Une situation problématique

Le Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord reconnaît que la situation est problématique sur la Côte-Nord. La directrice des services professionnels du CISSS, Chantale Baril, estime que la région est mal desservie par les ententes de services. Seulement deux biopsies de cancer de sein peuvent être analysées par semaine, dans un laboratoire privé en Ontario.

« Mais c'est difficile de trouver une solution. Je pense qu'il va falloir faire une concertation avec les pathologistes et le ministère », ajoute Chantale Baril.

Autres réactions

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) estime que l'envoi des biopsies dans un laboratoire à l'extérieur de la province triple les coûts, en plus d'entraîner des délais. Selon le syndicat, les femmes doivent attendre cinq semaines avant d'avoir un diagnostic de cancer du sein.

De son côté, la coordonnatrice du Regroupement des femmes de la Côte-Nord, Anne Gagné, se montre aussi préoccupée par le fait que seulement deux biopsies de cancer du sein peuvent être analysées par semaine dans un laboratoire privé, en Ontario.

Le cabinet du ministre de la Santé Gaétan Barrette affirme que cette situation n'est pas reliée aux compressions budgétaires, mais relève plutôt d'une décision des administrateurs du Centre intégré de santé et des services sociaux de la Côte-Nord.

D'après les renseignements d'Evelyne Côté

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