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Registre des armes à feu : des voix discordantes

La Commission parlementaire sur le projet de loi 64, Loi sur l'immatriculation des armes à feu, se déroule jeudi à Québec. Le projet de loi ne fait pas l'unanimité. D'un côté, les opposants le jugent trop strict et de l'autre, ceux qui sont en faveur voudraient que le gouvernement aille encore plus loin.

Un texte de Guillaume Bouillon

Chasseurs et pêcheurs

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs a réitéré jeudi son opposition à la création d'un registre québécois des armes à feu devant la Commission des institutions au sujet du projet de loi 64. L'organisme croit que le registre ne sera qu'une illusion de sécurité.

En commission parlementaire, son président, Pierre Latraverse a affirmé que l'utilisation des armes à feu est déjà suffisamment réglementée et que l'ajout d'un processus d'enregistrement nuirait à l'industrie de la chasse et à la relève. Il a rappelé que la chasse crée des milliers d'emplois dans les régions du Québec et attire des étrangers.

Son collègue, Bernard Pelletier, a ajouté que la création d'un registre québécois des armes à feu serait totalement inutile et qu'elle entraînera une hémorragie de fonds publics inconcevable.

La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs suggère plutôt que le gouvernement utilise les sommes prévues pour notamment renforcer les pratiques sécuritaires de maniement des armes à feu, soutenir les organismes de lutte au suicide et financer les programmes sociaux d'aide aux victimes d'actes criminels.

Femmes victimes de violence

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale défend de son côté l'utilité d'un registre québécois des armes à feu. Le regroupement fait valoir que depuis la mise en place de mesures de contrôle des armes à feu, le taux d'homicide ainsi que le nombre de femmes tuées ont chuté de plus de 60 %.

Toutefois, il y a encore trop de femmes victimes de meurtres conjugaux. Selon le regroupement, en 2013, 13 femmes ont été tuées par leur conjoint au Québec.

Par voie de communiqué, la directrice de la maison d'aide et d'hébergement La Débrouille de Rimouski, Kathleen Julien, affirme que ces résultats démontrent clairement l'utilité d'un registre des armes à feu. « Nous sommes heureuses que le gouvernement du Québec ait compris la nécessité de créer un système québécois d'immatriculation des armes. »

Le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale veut qu'un pas de plus soit franchi et il a déposé mercredi un mémoire devant la commission parlementaire.

On y demande, entre autres, un amendement au projet de loi pour forcer une personne ou un commerce à obtenir l'autorisation du gouvernement avant de vendre une arme. Une faille que le regroupement juge importante.

La dernière séance de la commission sur la création d'un registre québécois des armes à feu aura lieu mardi prochain à l'Assemblée nationale.

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