En 2020, l'enfouissement des résidus des usines de transformation de produits marins sera interdit. L'obligation de trouver un débouché à ses résidus pourrait bien donner un coup de pouce au projet d'appâts alternatifs sur lequel Mérinov travaille depuis plusieurs années.

Un texte de Joane Bérubé

La fameuse bouette que les homardiers mettent dans leur casier, constituée de limande, de maquereau, de sébaste ou de hareng, est au menu du homard depuis des lustres.

La diminution de certaines espèces et l'augmentation du prix de ces espèces ont poussé à la quête de solution alternative. La recherche va bon train. Mérinov travaille sur des recettes à base de maquereau, de turbot, de moules bleues, de résidus de crabe et effectue des tests pour vérifier si le homard est prêt à changer de diète.

Le projet pourrait maintenant passer à une autre étape.

Les chercheurs vérifient l'intérêt des transformateurs à tenter l'aventure. « Il y a beaucoup en ce moment une évaluation où les industries veulent aller. C'est là-dessus que nous travaillons », explique le directeur de Mérinov, David Courtemanche.

Dann Normand, directeur des opérations à l'usine Cusimer, s'intéresse, pour sa part, au projet et a contacté les chercheurs pour obtenir plus d'informations.   Des pêcheurs de poissons de fond alimentent déjà l'usine. Cusimer a aussi mis en place un projet de valorisation des résidus avec la fabrication de charcuterie de mer. La production d'appât serait un pas de plus vers une utilisation maximale de la ressource.

« Au-delà de l'interdiction, il y a une conscience grandissante que c'est de l'argent garroché par les fenêtres. On va pêcher cette biomasse-là, on en garde 30 %, 40 %, 50 % selon les espèces et on fait ce qu'on peut pour ne pas être pris avec », commente Louis-Charles Rainville, chargé de projet à Mérinov.

Les projets de valorisation des résidus marins ne sont pas neufs. Ainsi les deux usines de crevettes de Rivière-au-Renard et de L'Anse-au-Griffon produisent de la farine avec la carcasse des crustacés. Plusieurs usines se tournent déjà vers le compostage. « Il y a une limite, relève Louis-Charles Rainville, à ce qu'un site de compostage peut prendre comme résidus marins. »

Présentement, beaucoup de résidus sont achetés tels quels par la Chine. « Ailleurs, on utilise tout. », conclut Louis-Charles Rainville. Et pour ce qui est des appâts? « On verra dans deux ans », ajoute-t-il. 

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