La bloquiste Marilène Gill a remporté l'élection dans la circonscription de Manicouagan, sur la Côte-Nord. Le Bloc québécois effectue ainsi un retour dans le château fort souverainiste où il a régné en maître pendant près de deux décennies, et qui avait été emporté par la vague orange en 2011.

Un texte de Caroline Cyr

Tard dans la nuit de lundi à mardi, le Bloc québécois comptait plus de 4000 voix d'avance sur ses adversaires (42 %) dans Manicouagan, selon les résultats de 200 bureaux de scrutin sur un total de 241. C'est le candidat libéral Mario Tremblay qui figure au second rang avec 29 % des votes. Le député sortant, le néo-démocrate Jonathan Genest-Jourdain, arrive au troisième rang avec 17 % des votes.

« Ça a été une campagne difficile », a reconnu la gagnante Marilène Gill à Baie-Comeau. Elle dit avoir d'abord senti le cynisme au sein de la population. La nouvelle députée veut offrir une voix forte aux Nord-Côtiers à Ottawa. Elle croit que son prédécesseur a échoué sur ce plan.

« Je suis très fier des résultats », a pour sa part déclaré le libéral Mario Tremblay, qui a suivi la soirée électorale à Longue-Rive, où il demeure. « On a été en mesure d'augmenter le vote dans Manicouagan, et de voir que le Parti libéral existe », a-t-il ajouté.

Le député sortant Jonathan Genest Jourdain dit espérer que les libéraux tiendront leurs promesses. « Les citoyens canadiens se sont prononcés visiblement, reconnaît le candidat défait. Il y a des engagements qui ont été pris, on va voir ce qui en est avec le caractère progressiste des promesses qui avaient été faites, notamment au niveau des peuples autochtones. Il va falloir demeurer vigilants. »

Le politologue de l'Université du Québec à Rimouski, Jean Bernatchez, souligne la remarquable performance de la candidate Marilène Gill. « C'est au-delà de ce que prévoyaient les sondages », dit-il.

La vague rouge semble avoir partiellement touché la Côte-Nord, selon le politologue, puisque Mario Tremblay se retrouve en deuxième position. Quand à Jonathan Genest-Jourdain, Jean Bernatchez rappelle que ses adversaires lui ont souvent reproché de ne pas être assez présent dans la circonscription.

Cinq candidats ont croisé le fer pendant la campagne électorale dans Manicouagan. Aux mains des bloquistes depuis plus de 15 ans, la circonscription avait été emportée par la vague orange lors des élections fédérales de 2011. L'avocat innu Jonathan Genest-Jourdain l'avait emporté par 16 438 voix, avec 48,93 % des votes. Le député sortant, Gérard Asselin, avait quant à lui obtenu 31,25 % des voix.

Au cours de la campagne électorale, la réforme du régime d'assurance-emploi, qui touche particulièrement la portion ouest de la Côte-Nord, où de nombreux citoyens ont un emploi saisonnier, a retenu l'attention des candidats bloquiste, néo-démocrate et libéral. Le prolongement de la route 138 et la réfection de la route 389 font partie des priorités de tous les candidats dans la circonscription. Le développement économique par le biais de projets comme celui de Mine Arnaud, à Sept-Îles, a toutefois divisé les aspirants députés.

Manicouagan est la deuxième circonscription la plus importante en terme de superficie du Québec.

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