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Revenu disponible : Bas-Saint-Laurent et Gaspésie en queue de peloton

Les citoyens du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie/Îles-de-la-Madeleine ont le plus bas revenu disponible du Québec. La moyenne est d'un peu plus de 23 000 $ dans les deux régions, bien en deçà de la moyenne québécoise de 26 000 $.

Un texte de Richard Lavoie

Le constat qui provient d'une mise à jour des données de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) est d'autant plus triste que le Québec est en queue de peloton à l'échelle canadienne à cet égard. La moyenne nationale se situe à 30 270 $.

Selon l'ISQ, ce retard du Québec s'explique par la rémunération des salariés qui demeure nettement plus faible que dans le reste du pays. Le pouvoir d'achat des Québécois s'est accru d'à peine 0,1 % entre 2013 et 2014, soit la plus faible croissance des neuf dernières années.

« Ça devient de plus en plus dur » dit Maurice Gagné, qui n'est plus apte à l'emploi depuis près de cinq ans. « Si vous regardez le gaz, la nourriture, le linge, on est taxé au bout. »

Avec un revenu d'environ 900 $ par mois, soit moins de 12 000 $ par année, c'est tout un casse-tête pour lui. « Il faut calculer beaucoup. Moi quand c'est le début du mois, je règle toutes mes affaires », explique-t-il. « Il faut planifier pour dire bon, on fait quatre semaines, alors je dis je garde tel montant pour telle semaine, tel montant pour une autre. »

Selon le député de Rimouski, Harold Lebel, les résultats de l'Institut de la statistique prouve le désengagement du gouvernement provincial envers les régions. « Il n'y a aucune raison que des régions avec autant de potentiel comme le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie soient comme ça au dernier rang », soutient-il. « Je pense qu'on manque de vision par rapport au développement régional, par rapport aux investissements qu'on doit faire en région. »

Coût de la vie aussi plus bas

Pour Bruno Jean, professeur associé à l'Université du Québec à Rimouski au département de Société, territoire et développement, il ne faut pas s'en inquiéter outre mesure puisque le coût de la vie est également plus bas qu'en Alberta par exemple où le revenu disponible atteint 40 000 $.

« Ça ne veut pas nécessairement dire que la situation économique est mauvaise. D'ailleurs, si on regarde d'autres indicateurs socioéconomiques comme par exemple le taux de chômage, on s'aperçoit que le Québec ne fait pas si mal », précise M. Jean.

Légère diminution sur la Côte-Nord

Malgré une très légère perte en 2014 ( 0,1  % ), on retrouve sur la Côte-Nord un revenu disponible parmi les plus élevés du Québec avec 27 000 $. En contrepartie, le coût de la vie y est plus élevé.

« Possiblement qu'on vit aussi bien à Amqui, à Trois-Pistoles ou à Rimouski avec 23 000$ qu'on vit avec 27 000$ à Sept-Îles ou à Baie-Comeau », conclut Bruno Jean.

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