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Rue Louisbourg : Bonaventure devra refaire ses devoirs

Plus de 682 personnes ont signé mardi le registre sur le règlement d'emprunt concernant le projet de réfection de la rue Louisbourg, à Bonaventure.

Un texte de Joane BérubéIl fallait 238 signatures pour que la Ville soit contrainte d’aller en référendum afin d'autoriser le règlement d’emprunt de 11,3 millions de dollars.

Le maire de Bonaventure, Rock Audet, prend acte du résultat. « Les gens sont venus s’exprimer. Faut prendre ça du bon côté. Les gens ont exprimé leur mécontentement envers le projet, mais plutôt envers l’absence d’informations, de précisions qu’ils auraient aimé obtenir. »

Le maire n’a pas l’intention d’aller en référendum. « Six cent quatre-vingt-deux personnes se sont exprimées, relève le maire, je pense que le message est assez clair pour nous, de retourner un peu faire nos devoirs et de reprendre le projet depuis ses débuts. »

Le mouvement de contestation du projet n’a pris forme qu’au cours de la dernière semaine. Roch Audet estime qu’il n’y avait pas grand-chose à faire : « Peu importe ce qu’on aurait fait comme présentation, il y avait un mouvement qui critiquait quoi que ce soit sur le projet. »

Le maire reconnaît que la population aurait dû avoir un peu plus de détails sur le projet qui cheminait depuis plusieurs années. « Ce qu’on disait, c’est que les gens pouvaient venir nous rencontrer », commente le maire.

C’est de la naïveté politique. On a cru que les gens allaient reconnaître le travail qui avait été fait et allaient endosser la démarche.

Roch Audet, maire de Bonaventure

Dix ans de travailFondamentalement, la population n’est pas opposée au projet, estime Roch Audet.

Ex-maire de Bonaventure et porte-parole du comité de citoyens qui se sont mobilisés pour signer le registre, Serge Arsenault admet effectivement qu’il n’est pas contre le projet. Au contraire, dit-il, ça doit se réaliser.

Lorsqu’il a quitté la mairie en 2013, le projet était presque complété, dit-il. Il se réjouit toutefois des résultats qui, croit-il, amèneront la Municipalité à réévaluer la pertinence d’étaler l’emprunt sur 40 ans ainsi que les coûts de l’aménagement de la piste multifonctionnelle incluse dans le projet. Un emprunt sur 20 ans ou 30 ans fera épargner des milliers de dollars aux contribuables, fait-il valoir.

Serge Arsenault estime aussi que l’augmentation des impôts municipaux de 9 % en 2017 a aussi joué : « Si on a obtenu ce nombre-là, c’est qu’il y en a une bonne partie qui sont venus exprimer leur mécontentement du 9 %. »

Le financement des travaux de la rue Louisbourg aurait entraîné une nouvelle hausse de 5 %, selon M. Arsenault, soit 300 $ de plus pour une maison évaluée à 150 000 $.

Roch Audet ne nie pas non plus que le projet oblige des engagements financiers importants et que cet élément est à considérer.

Nouvelle stratégie

Devant ces résultats, le maire, ses conseillers et la direction générale se sont réunis informellement pour discuter des orientations qui seront prises concernant le projet. « On va reprendre le processus et évaluer le tout. Dans les prochains jours, on va regarder le projet avec nos professionnels », indique Roch Audet.

Le maire croit qu’il sera possible pour la Municipalité de reprendre le projet, de mieux l’expliquer aux citoyens et de revoir les conditions du règlement d’emprunt.

Outre la réfection de la rue et de son réseau d’égout et d’aqueduc, le projet de la rue Louisbourg comprend aussi l’aménagement d’une piste multifonctionnelle à 1,2 million de dollars, et celui d’une réserve incendie à environ 2,5 millions de dollars. Cette réserve est aussi au cœur du projet, indique le maire, puisqu’il en va de la protection des citoyens de Bonaventure.

Le maire s’inquiète par contre des délais dont dispose la Ville pour réaliser les travaux. Si la Municipalité veut profiter de l’aide fédérale et provinciale, le chantier devra être terminé en mars 2018 ce qui veut aussi dire que les travaux doivent être lancés d’ici la fin de l’été 2017.

Dans l’actuel montage financier, 4 millions des 11,3 millions de dollars doivent être payés par les contribuables, la balance par le fédéral et le provincial. « On a à travailler dans les prochains jours pour voir si ce délai-là amène des contraintes pour le restant avant d’investir une quelconque somme d’argent », ajoute le maire.

Roch Audet ajoute que les élections municipales prochaines ont peut-être été un des facteurs qui a mobilisé l’opposition. Interrogé à ce propos, l’ex-maire Serge Arsenault nie toutes ambitions politiques.

Le maire estime que son équipe et lui ont fait un bon travail et souhaite solliciter un second mandat.

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