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Saison 2017 : statu quo probable pour le flétan du Groenland

Les pêcheurs de turbot ou flétan de l'Atlantique peuvent espérer en 2017 une pêche similaire à celles des dernières années. Les évaluations scientifiques démontrent que l'espèce se porte bien. La biomasse est élevée et stable.

Un texte de Joane Bérubé

Le recrutement, soit les poissons qui ont un an ou deux ans, est aussi très bon. « La biomasse de cette espèce est stable depuis 2008 et les débarquements des 10 dernières années ont permis de maintenir un taux d’exploitation stable », indique le biologiste à l’évaluation des stocks de l’Institut Maurice-Lamontagne (IML), Hugo Bourdages.

La pêche au flétan du Groenland s’effectue dans l’ensemble du golfe, mais principalement dans trois zones : Esquiman, à l’ouest de Terre-Neuve, le nord de l’île d’Anticosti et l’ouest du Saint-Laurent.

Toutefois, depuis trois ans, les prises sont plus importantes et la biomasse plus élevée à l’ouest du golfe, soit du nord de la péninsule gaspésienne jusqu’à l’estuaire.

Cette présence accrue du turbot dans le Saint-Laurent s’explique en partie par un prélèvement plus important effectué il y a sept ou huit ans dans les zones plus à l’est, mais aussi par un changement dans les températures de l’eau, commente le biologiste de l’IML.

Poisson d'eau froide

Le flétan du Groenland est un poisson d’eau froide et les profondeurs qu’il fréquente, soit 200 et 300 mètres, sont présentement plus froides dans l’estuaire que dans les eaux près de Terre-Neuve ou de l’île du Cap-Breton. « Cela fait quatre ou cinq ans que l’on voit l’eau se réchauffer au nord d’Anticosti et dans le chenal d’Esquiman », indique M. Bourdages qui explique que cette eau plus chaude descend tranquillement dans le fleuve par le chenal Laurentien.

« Ça peut prendre trois ou quatre ans à ces eaux là pour se rendre à la tête du chenal à Tadoussac. Donc, l’eau dans la région de Matane est encore légèrement plus froide que celle qu’on observe au nord d’Anticosti », poursuit le biologiste.

Le flétan du Groenland qui fréquente le Saint-Laurent est par ailleurs le flétan qui vit dans les eaux les plus chaudes si on le compare à d’autres populations de flétans de l’Atlantique Nord.

Les biologistes suivent donc attentivement l’évolution de ce poisson qui se porte jusqu’à maintenant relativement bien. « On continue d’observer des cohortes qui sont fortes et l’estuaire est l’endroit où on voit le plus de juvéniles dans le Saint-Laurent. C’est notre pouponnière », souligne Hugo Bourdages.

L’évaluation scientifique des stocks pour la prochaine saison sera présentée au comité consultatif qui se tiendra à Moncton à la fin du mois de mars. Les quotas seront alors discutés et les recommandations de l’industrie seront alors envoyées aux gestionnaires du ministère des Pêches et des Océans.

La pêche est historiquement pratiquée par des flottilles du Québec et de Terre-Neuve. Le Québec compte un peu moins d’une centaine de pêcheurs. Depuis 2005, le quota est de 4500 tonnes.

L’an dernier, le prix au débarquement a atteint le niveau record de 1,70 $.

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