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Santé 2016 : une année de grands bouleversements dans l'Est du Québec

L'année 2016 s'est déroulée sous le signe de la décroissance, particulièrement au Bas-Saint-Laurent où les compressions imposées par Québec ont forcé l'abolition de nombreux postes permanents et des réformes qui suscitent toujours des débats.

Un texte de Richard Lavoie d’après un reportage de Paul Huot

Le Centre de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent a encore dû composer cette année avec une réduction budgétaire importante. Au mois de juin dernier, la direction annonçait la suppression de 118 postes.

Notre objectif ce n'était surtout pas de couper du personnel pour couper du personnel! On a vraiment regardé l'ensemble de nos programmes et services. On a regardé comment les soins se donnaient à la population!

Isabelle Malo, PDG du Centre de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent

Ces compressions faisaient suite à une réduction du nombre de gestionnaires déjà imposée par le ministre de la Santé quelques mois plus tôt.

Une opération douloureuse qui a vu une quarantaine de postes être supprimés au Bas-Saint-Laurent. Sur la Côte-Nord, la saignée a été encore plus importante avec la perte de 70 postes.

Une réforme dans les CHSLD

Une autre réforme qui a marqué l’année qui s’achève a affecté la clientèle des Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Le profil de cette clientèle a été réévalué et désormais seuls les plus vulnérables y seront hébergés. Conséquence : au Bas-Saint-Laurent, là où il y avait des listes d’attente, il y a maintenant plus de 160 places vacantes depuis plusieurs mois.

Les CHSLD vont demeurer, mais ils seront là pour les clientèles les plus vulnérables.

Isabelle Malo, PDG du Centre de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent

Mais les syndicats ne sont pas d'accord. Selon Sylvain Lirette de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), les employés demeurent convaincus que cette réforme se fera sur le dos des organismes communautaires, des entreprises d’économie sociale, des ressources intermédiaires et des aidants naturels.

Ceux qui livrent des services « hors réseau » seront alors davantage sollicités et n’auront pas les moyens de suppléer, croit le syndicat.

La pression est sur le dos des organismes communautaires qui rendent des services à la population!

Sylvain Lirette, porte-parole de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux

Optilab, une autre pomme de discorde

Autre dossier qui a fait couler beaucoup d’encre au cours de la dernière année, celui de l’opération Optilab qui vise à regrouper les analyses biomédicales dans 11 super laboratoires pour tout le Québec.

Au Bas-Saint-Laurent, mais aussi en Gaspésie, cette vision centralisatrice a été très mal reçue. 70 % des analyses (sang, urine, biopsie, test PAP) seront effectués dans le laboratoire de l’hôpital de Rimouski. Pour la Côte-Nord, le super laboratoire sera celui de l'hôpital de Saguenay .

Les opposants craignent les délais ainsi que la perte d’échantillons. Une crainte qui s’est d’ailleurs concrétisée il y a quelques semaines sur la Côte-Nord alors que 16 prélèvements sanguins ont dû être détruits.

Cette pomme de discorde entre le réseau de la santé et ses syndicats d'employés devrait d’ailleurs susciter encore bien des débats en 2017.

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