Née dans un corps d'homme, la Madelinienne Élise Cornellier Bernier, copropriétaire de la microbrasserie À l'abri de la tempête, vit publiquement son identité de femme depuis bientôt un an.

Un texte de Joane BérubéTwitterCourriel

Durant les 40 premières années de sa vie, la Madelinienne a vécu physiquement comme un homme, tout en se sentant psychologiquement comme une femme. Dans ma tête c'était une folie, ça ne se pouvait pas, raconte-t-elle. Pourtant, elle se sentait femme depuis l'âge de quatre ans.

Puis l'émotion l'a rattrapé : « Les beaux bonheurs de la vie n'arrivaient plus à m'allumer. » Élise le rapporte elle-même. Quelque 70 % des personnes transgenres ont des pensées suicidaires et 40 % vont tenter de mettre fin à leurs jours.

C'est son père qui l'a encouragé à faire le pas : « Fais quelque chose dans ta vie, sinon tu vas mourir », lui lance-t-il.

Devant des amis, il y a un an, à la microbrasserie, Élise a finalement décidé de plonger vers sa nouvelle identité. Elle ne l'a pas regretté.

Contrairement à ce que certains pourraient croire, les Madelinots ont rapidement compris et accepté ce qui se passait. « Je pensais, indique la Madelinienne, vivre beaucoup de jugement. On dirait que les gens se sont dit que c'était pour ça que j'étais malheureuse et qu'elle fait quelque chose pour être enfin heureuse. »

Il y a eu très peu de regards blessants ou de commentaires déplacés. « C'est sûr, constate Élise, quand on change de genre ce n'est plus il, c'est elle. Les gens font des erreurs, mais quand on sent que ce sont des erreurs, c'est tout pardonné. »

La métamorphose physique

La transition entreprise il y a un an implique beaucoup de changements physiques et psychologiques.

L'hormonothérapie à laquelle se soumet Élise est un traitement de deux à cinq ans.

Elle se considère chanceuse de vivre les effets des hormones féminines. Ça fait comprendre les impacts de la testostérone sur la force, l'agressivité et ceux de l'oestrogène sur l'émotivité, explique-t-elle. « La voix, c'est mon plus gros défi. J'ai encore une voix d'homme, c'est un défi de tous les jours », poursuit Élise.

Bien sûr, elle a changé. Tellement, dit-elle, qu'une vieille amie a récemment demandé à Élise si elle voulait « être son amie ».

Fondamentalement, c'est une question d'identité, croit Élise, qui trouve que le terme transsexuel est un peu péjoratif. « Il réfère à la sexualité alors que ça rien avoir avec la sexualité », conclut-elle.

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