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Sous la neige, les semis? Presque vrai en Gaspésie!

En Gaspésie, la saison maraîchère commence un peu plus tard que dans les autres régions du Québec. Le printemps se fait capricieux et les risques de gel perdurent pendant plusieurs semaines.

À la ferme maraîchère des Jardins de l'Orme, à Matane, où Caroline Durette et David Porlier entament leur 18e saison, le début de la saison est un moment crucial. Neige, gel, grêle, pluie diluvienne, tout peut arriver.

Lundi pascal, 17 avril, il neige en Matanie, mais vaille que vaille, de la fin février au début mai, c’est l’heure des semis. Deux mois d’une course à obstacles qui préfigure de l’automne à venir

Pour y parvenir, il faut faire preuve d’ingéniosité, savoir recourir aux légumes qui aiment le froid et varier les modes de culture.

Ainsi, par exemple, en va-t-il des tomates. « On prend, explique Caroline, des tomates greffées. On choisit la racine pour ses résistances aux maladies, et on choisit la variété sur le dessus. Ça prend deux plants pour faire un plant de tomate. »

Le travail en serre démarre avant la fin de l’hiver.

D’ici quelques semaines, dépendamment des conditions météorologiques, les plants mettront le nez dehors. La ferme a recours aussi à une serre sans chauffage où poussent notamment les épinards et les laitues. Dans deux semaines, c’est une première récolte qui arrivera au comptoir de vente.

Aux champs, les premiers semis se feront dans la première semaine de mai et ce sera le tour des radis, puis des bettes à cardes et autres verdurettes. Un autre cycle qui repart.

Les autres défis, ravageurs et mauvais herbes, sont ceux qu’affrontent tous les autres producteurs maraîchers qui, comme aux Jardins de l’Orme, n’utilisent ni herbicide ni pesticide.

Légumes, fleurs, savons et transformation

Malgré des conditions moins faciles que d’autres, les Jardins de l’Orme produisent bon an, mal an une cinquantaine de légumes différents de la carotte aux betteraves en passant par le chou kale et la tomate cerise sur quatre hectares de culture.

La ferme produit aussi des fines herbes fraîches, salées ou séchées ainsi que des fleurs en bouquet et des fleurs comestibles.

L’entreprise fondée en 2000 s’est aussi lancée peu à peu dans la transformation. « Ça permet de ne rien perdre, ç’a aussi une valeur ajoutée et ça permet d'étirer la saison », commente Caroline Durette.

Chutneys, pestos, marinades, confitures, mais aussi savons et produits pour la peau, fabriqués à partir des plantes et de fleurs cultivées aux Jardins, constituent maintenant de 30 à 40 % du chiffre d’affaires.

Tous les produits sont vendus à la ferme du Grand Détour, située à 5 km de Matane, ainsi qu'au marché public, sauf les savons qui trouvent aussi preneurs dans des boutiques spécialisées et dans les marchés de Noël.

Circuit local

Caroline Durette souligne qu’elle et son conjoint n’ont jamais eu l’ambition d’avoir une très grosse entreprise. « La taille de notre entreprise, dit-elle, c’est pas mal ce qu’on voulait, alors on roule avec ça. »

La productrice estime que faire le choix de l’agriculture de proximité apporte bien d’autres dividendes : « C'est le bonheur de connaître les gens qui vont manger les produits, de faire plaisir aux gens. »

Pour Caroline Durette, le circuit local a beaucoup de valeur tant sur le plan écologique puisqu’il permet de réduire le transport que sur le plan économique. « Dans l’investissement qu’on fait dans les fermes locales, c’est incroyable l’argent qui revient à la communauté », souligne l’agricultrice.

À chaque saison suffit sa peine. Il faudra attendre le mois de mai avant que la vie reprenne dans les champs.

Puis ce sera le temps des projets : construire une nouvelle serre froide, cultiver de nouveaux légumes plus résistants au froid, développer de nouvelles techniques pour lutter contre les ravageurs, etc.

La terre du Grand Détour est encore remplie de promesses et de défis.

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