L'année 2016 a été à la fois marquée par de bonnes et de mauvaises nouvelles dans le secteur éolien. Québec n'a pas autorisé la construction de nouveaux parcs, obligeant certains manufacturiers à faire de nombreuses mises à pied ou à carrément fermer leurs portes. Mais pour d'autres, ce fut l'électrochoc pour se tourner plus rapidement vers l'exportation, afin d'éviter une fermeture.

La facture d'électricité coûte plus cher aux Québécois cette année, mais contrairement au message véhiculé, une étude commandée par le TechnoCentre éolien et obtenue par Radio-Canada révélait, en janvier, que ce n'est pas dû principalement à l'éolien.

De quoi soulever l’ire du député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre, qui questionne les intentions d’Hydro-Québec.

On peut se poser la question, est-ce que Hydro-Québec n'a pas menti aux Québécois et aux Québécoises. Le Québec a été berné et 4000 emplois sont en jeu à cause d’informations imprécises et erronées.

Gaétan Lelièvre, député péquiste de Gaspé

« Le dernier appel d'offres de 6,3 cents du kilowatt/heure a fait en sorte que c'est la source d'énergie renouvelable la moins chère », ajoute le directeur du Créneau d'excellence en éolien Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Dave Lavoie.

Pas de nouveaux parcs

Mais pas question pour Québec de se tourner vers l'éolien à court terme avec le dévoilement de sa nouvelle politique énergétique au printemps dernier.

C'est le coup de grâce pour des manufacturiers comme Enercon à Matane. L'usine congédie l'essentiel de ses employés à partir du mois de mars et arrête sa production en septembre. Elle maintient uniquement quatre employés.

Nous, on pense que pour qu'une usine fonctionne au Québec, ça prend aussi un marché domestique.

Eva Lotta Schmidt, gestionnaire développement des affaires chez Enercon

Les orientations d'Hydro-Québec préoccupent l'industrie et sont au cœur des discussions lors du 10e colloque québécois de l'éolien en juin à Matane.

« On a l'impression, à tort ou à raison, qu'avec le plan stratégique déposé par Hydro-Québec, la société d'État ne sent pas l'urgence pour l'éolien au Québec », se désolait alors le directeur des affaires gouvernementales et réglementaires chez Innergex énergie renouvelable, Daniel Giguère.

L’instinct de survie

Ce manque d’intérêt pour l’éolien, au Québec, oblige plus que jamais les manufacturiers à se tourner vers l’exportation; leur survie en dépend. En août, l’usine de Gaspé LM Wind Power confirme l’obtention d’un contrat au Texas qui assure sa survie pour au moins trois ans.

Le fabricant de pales danois demeure le plus important employeur privé de la municipalité et sa fermeture aurait été catastrophique pour l’économie locale.

C'est ce qui nous permet aujourd'hui de maintenir nos 200 emplois, mais aussi de créer 85 emplois additionnels.

Alexandre Boulay, directeur, LM Wind Power Gaspé

La direction de l'usine gaspésienne n'a pas dévoilé l’identité de ce nouveau client, ni le nombre de pales produites dans le cadre de cette annonce.

Une industrie diversifiée?

Cette année marquée d'incertitudes a permis de réaliser que l'industrie du vent, ce ne sont pas uniquement ses usines. Il y a aussi les compagnies d'entretien, les firmes d'évaluations environnementales, les manufacturiers de pièces qui brassent des affaires aux États-Unis et dans l'Ouest canadien.

« L'Alberta veut, d'ici 2030, mettre fin à 6300 mégawatts d'énergie électrique produite à l'aide du charbon et en remplacer les deux tiers par des énergies renouvelables, et l’autre tiers par de l’efficacité énergétique, donc on parle beaucoup d’éolien et de solaire également, explique Dave Lavoie. Alors les entreprises du Québec qui peuvent se positionner, ce sont les entreprises comme LFG Construction en Gaspésie et Pesca Environnement qui vient d’ouvrir un bureau à Calgary. »

En 2016, le TechnoCentre éolien a aussi renforcé sa position de leader pour ses recherches en milieu nordique afin de développer des solutions pour diminuer les coûts d'énergie.

Il a reçu, en septembre, 4,6 millions de dollars de Québec, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada et de la Fondation canadienne pour l’innovation, afin de mener des recherches appliquées en partenariat avec une quinzaine d’entreprises du Québec et deux autres centres de l’Ontario et du Yukon.

Signe que l'éolien ne se porte pas trop mal au Québec, Fabrication Delta, de New Richmond, a terminé l’année en obtenant, en décembre, un important contrat de fabrication de moyeux avec le turbinier Siemens.

Globalement, l'industrie éolienne prévoit la création d'au moins 500 nouveaux emplois au cours des prochaines années dans la province.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine