Retour

« Superinfirmières » : de nombreux CISSS victimes de leur éloignement

Plusieurs Centres intégrés de santé et des services sociaux (CISSS) à travers la province ont du mal à recruter des « superinfirmières », alors qu'elles sont présentées comme une partie de la solution pour désengorger les urgences.

D’après le reportage d’Ariane Perron-Langlois.

Les infirmières praticiennes spécialisées, aussi connues sous le nom d'IPS ou « superinfirmières », se font désirer dans de nombreux CISSS.

Le problème est particulièrement criant dans les régions plus éloignées des grands centres. C'est le cas sur la Côte-Nord et au Bas-Saint-Laurent, où à peine la moitié des postes d'IPS octroyés par le ministère de la Santé et des Services sociaux sont pourvus.

La directrice des ressources humaines pour le CISSS de la Côte-Nord, Nathalie Roussin, reconnaît que l'éloignement rend le recrutement des superinfirmières plus difficile.

Si quelqu'un veut compléter [la formation d'IPS] à temps plein, il doit quitter la région, aller vers Québec ou Montréal pour suivre le cours.

Nathalie Roussin, directrice des ressources humaines pour le CISSS de la Côte-Nord

« Par la suite, il faut s'assurer de pouvoir les faire revenir aussi. On sait qu'on est dans un contexte d'enjeu de main d'oeuvre sur la Côte-Nord, un peu partout au Québec aussi. Le fait qu'on soit en région éloignée, ça vient mettre des difficultés pour le recrutement des IPS », affirme Mme Roussin.

Elle explique toutefois que le CISSS tente de remédier à ce problème en recrutant des infirmières bachelières déjà à son emploi et en tentant de les convaincre de suivre la formation pour devenir « superinfirmières ».

On sait que ce sont de gros sacrifices parce qu'elles doivent quitter le poste, donc il faut bien les soutenir.

Nathalie Roussin, directrice des ressources humaines pour le CISSS de la Côte-Nord

Des stages pour attirer les « superinfirmières » en Gaspésie

En Gaspésie, cinq des huit postes d’IPS octroyés par le ministère sont présentement occupés. La directrice des soins infirmiers du CISSS de la Gaspésie, Johanne Méthot, indique toutefois que les trois postes actuellement vacants devraient être pourvus d'ici la fin de l'année 2018.

Elle explique que le CISSS a mis énormément d'efforts pour inciter les étudiantes qui suivent leur formation de « superinfirmières » à effectuer leur stage dans la région.

« On sait très bien que quand les gens viennent en région, pour les deux personnes qui sont jamais venues en Gaspésie et qui viennent de façon volontaire, souvent quand on découvre le bel environnement de travail et le dynamisme, souvent c'est des gens qui restent ici après », souligne Johanne Méthot.

Du côté des Îles-de-la-Madeleine, seul un des trois postes est pourvu à l'heure actuelle. Toutefois, le CISSS indique que deux candidates ont commencé leur formation d'IPS cet automne et pourront travailler aux Îles une fois cette formation terminée.

Pour sa part, la présidente de l'Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec, Christine Laliberté, affirme que les universités ont augmenté le nombre d'inscriptions potentielles au programme de formation des infirmières praticiennes. Présentement, le programme de maîtrise qui mène à la profession d'IPS est offert dans sept universités au Québec : Laval, Montréal, McGill, Sherbrooke, ainsi qu'à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, en Outaouais et à Trois-Rivières.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine