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Surcharge des infirmières : un couple lance un cri du coeur

Un couple de Louperivois lance un cri du cœur au ministre de la santé Gaétan Barrette. Dans une lettre publiée à son intention dans des quotidiens cette semaine, Guy Sénéchal dénonce les horaires exigeants et la surcharge de travail imposés à sa conjointe et à l'ensemble du personnel du réseau de la santé.

Annik Ouellet travaille de nuit comme infirmière depuis 20 ans. Même si cet horaire nocturne est exigeant, il convient à leur vie de famille. Depuis le début de sa carrière, elle affirme n’avoir jamais été si surchargée.

Tu sais à quelle heure tu commences, tu sais jamais à quelle heure tu finis.

Annik Ouellet, infirmière

« On sait jamais si tu vas revenir le lendemain à 8h ou si tu reviendras pas à midi parce qu'il y a du temps supplémentaire que t'es obligé de faire par manque de personnel. »

Il arrive fréquemment que ce manque d'effectifs la force à demeurer au travail. Cette situation est loin d’être exceptionnelle et toutes les infirmières y sont confrontées.

Si une collègue ne peut assurer un quart de travail ou qu’il manque d’infirmières pour compléter l’horaire, les infirmières au travail doivent y rester jusqu’à ce que d’autres prennent la relève.

Ainsi, elles travaillent parfois 16 heures consécutives. Parfois par choix, mais bien souvent par obligation.

Annik constate la grande fatigue de ses collègues qui se sentent coupables de s'absenter même en cas de maladie.

Dans ce contexte, difficile de planifier des sorties en famille.

Guy Sénéchal se désole de devoir vivre plusieurs moments précieux sans sa conjointe. « Comme là on prévoit pendant la semaine de relâche aller faire du ski alpin mais ça va être papa qui va y aller. »

Maman, on peut pas compter toujours dessus. À 9h le matin , elle ne sera peut-être pas ici .

Guy Sénéchal, conjoint d'Annik

Besoin de postes en région

Selon eux, c'est la pénurie grave de personnel dans les établissements de santé qui entraîne cette énorme surcharge de travail.

Guy et Annick estiment qu'il faudrait absolument embaucher plus de personnel et leur offrir une sécurité d’emploi.

Les infirmières qui n’ont pas de poste à temps plein doivent se déplacer d’un établissement à l’autre et changent d’horaire tous les jours pour arriver à boucler leur budget.

Le père de famille affirme que plusieurs choisissent de quitter la région pour s’installer près de Montréal ou Québec parce qu'elles s’y font plus offrir des postes. « Une fille qui quitte la région pour aller à Québec y'en ont des postes eux. Mais ici dans notre région c'est impossible. »

D’autres problématiques du genre ont été observées dans l’Est-du-Québec. À l’hôpital de Maria en Gaspésie, la même situation a été dénoncée à plusieurs reprises.

D'après le reportage de Paul Huot.

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