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Tentative de sauvetage d'un poisson-lune à Trois-Pistoles

Une opération sauvetage hors du commun a eu lieu samedi pour tenter de secourir un poisson-lune d'un mètre de long, qui s'était embourbé dans des eaux peu profondes près du quai de Trois-Pistoles, dans le Bas-Saint-Laurent.

Un texte de Ariane Perron-Langlois

Un groupe d'une vingtaine d'amateurs d'ornithologie rentrait d'une excursion sur le fleuve Saint-Laurent, en fin d'après-midi, lorsqu'un autre animal, marin celui-là, a capté leur attention.

« Quelqu'un nous a appelés et nous a dit : "Venez voir, un poisson-lune!" », raconte Ariel Wolf, qui faisait partie de l'expédition. Son groupe a alors joint quelques curieux sur le quai pour photographier l'animal.

« On voyait seulement un aileron qui sortait de l'eau; ça faisait penser à un petit requin », illustre Gérard Proulx, qui guidait le groupe d'ornithologues. « Je n'avais jamais vu un poisson aussi gros que ça. »

Mauvaise posture

Le groupe a cependant constaté rapidement que quelque chose clochait.

« Il n'avait pas la posture normale pour un poisson-lune. C'était triste », soupire Ariel Wolf.

Un homme a alors sauté à l'eau pour aider le poisson d'un mètre de long à regagner le large.

Toutefois, le poisson est revenu vers la rive et s'est échoué à nouveau quelques heures plus tard, indique Gérard Proulx, qui croit que l'animal est probablement mort par la suite.

Victime du froid

Étant donné que l'animal n'avait aucune blessure apparente, le vétérinaire Martin Ouellet, du groupe de recherche Amphibia-Nature, croit que le poisson-lune a été victime du froid. « La cause la plus probable, c'est qu'il s'est fait piéger dans des eaux trop froides, explique-t-il. C'est un poisson tropical. Plus ça avance dans la saison, plus l'eau refroidit. À un moment donné, le poisson manque de forces pour retourner au large et finit par s'échouer. »

Selon les experts, les observations de poisson-lune dans le Saint-Laurent sont plutôt rares, mais ne sont pas un phénomène nouveau. Amphibia-Nature recense de 10 à 15 poissons-lunes par année dans les eaux québécoises, surtout entre août et octobre.

Le poisson-lune se retrouve généralement dans les eaux tropicales et tempérées. Il se déplace pour se nourrir principalement de méduses.

Selon certains chercheurs, les changements climatiques et l'augmentation du nombre de méduses dans le Saint-Laurent pourraient expliquer une possible hausse du nombre de poissons-lunes dans les eaux québécoises.

Martin Ouellet croit aussi que les réseaux sociaux ont un rôle à jouer dans cette présumée augmentation : « Avec les photos qu'on peut prendre facilement, ça amplifie l'impression qu'il y en a plus qu'avant, mais ça reste à prouver », dit-il.

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