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Tisserande, un métier honorable et stimulant

Depuis avril dernier, une jeune artiste et artisane de 30 ans a décidé de laisser libre cours à sa passion et de se lancer en affaires sous le joli nom de la Trameuse.

Durant ces études en arts visuels, Émie Gravel a développé un goût pour le textile et plus particulièrement pour un outil de moins en moins utilisé, le métier à tisser. « Le tissage est devenu mes œuvres. J’ai étudié en peinture et en dessin, mais aujourd’hui je me dis que c’était pour apprendre le textile », lance la jeune femme.

Au cours des cinq dernières années, elle a glané les conseils et les techniques ici et là, notamment auprès de sa grand-mère dont le travail au métier la fascinait quand elle était enfant.

Le tissage c’est millénaire comme pratique, mais si on veut que ça reste, il faut le renouveler. Si une chose ne change pas, ça devient une légende, une tradition.

Émie Gravel, tisserande

La jeune femme n’hésite donc pas à utiliser des fibres synthétiques et recyclées, à mélanger le bambou et la laine, à recourir au plastique, au coton ou au bois. « Je ne suis pas les règles. Je les brise un peu partout chaque fois que je peux. Ça m’a permis d’explorer comment les fibres vont agir, de jouer avec. Des fois je vais avoir plusieurs fibres dans le même montage », explique Émie Gravel.

Elle compte six métiers à tisser de différentes grandeurs qui lui permettent de créer divers objets : mouchoirs, couvertures, hamacs, tapis. « Là, j’ai un nouveau projet pour des hamacs à bébé, j’ai des parents qui veulent des hamacs », ajoute Émie Gravel.

Nouvelle génération, nouveau regard

Elle estime que les gens de sa génération sont ouverts à un autre type de consommation. « Je vois, constate Émie Gravel, des gens un peu fatigués d’avoir à gérer des choses qui ne vont pas durer, qui vont être jetées. Là, on essaie d’aller vers des choses qui vont durer et si nous on l’use pas jusqu’au bout, on va l’échanger avec quelqu’un qui a aussi autre chose qu’il n’utilise pas. Je le vois énormément autour de moi. »

Sa boutique fonctionne bien. L’intérêt local, à Maria et à New Richmond, est évident, dit-elle, mais c’est aussi à la grandeur de la Gaspésie et ça dépasse la région. « J’ai même des clients en Europe », ajoute-t-elle.

Émie Gravel compte développer un site Internet au cours des prochains mois pour améliorer sa commercialisation, mais, déjà, elle peut vivre de son métier.

À terme, elle aimerait fabriquer du tissu pour des designers ou pour des commandes spéciales.

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