L'époque des coureurs des bois est révolue depuis longtemps, mais des trappeurs parcourent toujours des centaines de kilomètres dans la forêt, non pour gagner leur vie, mais bien par passion. La tradition se perd toutefois peu à peu, faute de relève.

Un texte de Katy LaroucheCourriel
Avec la collaboration de Denis CastonguayCourriel et d'Isabelle St-Pierre RoyTwitterCourriel 

Du haut de ses 14 ans, Gabriel Bélanger piège la martre, le castor et bien d'autres espèces à fourrure au nord de Port-Cartier, sur la Côte-Nord. Gabriel fait partie de ces rares jeunes à faire du piégeage.

À l'arrivée de l'hiver, son père Michel et lui se rendent toutes les fins de semaine dans leur camp de trappe. À bord de leur motoneige, ils parcourent plus de 40 kilomètres pour faire le tour de leurs pièges.

C'est l'amour du plein air qui les a menés à se lancer dans cette activité. Michel et Gabriel pêchent en été et chassent à l'automne. Le piégeage leur apparaissait comme la suite logique de leurs centres d'intérêt.

Père et fils ont suivi le cours de la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec qui mène à l'obtention d'un permis de trappeur professionnel.

Un travail de précision

Une fois la bête prise au piège, le travail est loin d'être terminé. La préparation de la fourrure en vue de la vente aux enchères est laborieuse.

L'agent collecteur de fourrures Richard Audy explique que, selon la taille de la bête, il peut mettre jusqu'à une journée complète pour préparer la fourrure avant qu'elle puisse être vendue.

Jean-Sébastien a appris à préparer les fourrures en assistant son père dans ce travail de précision. Il admet que passer de longues heures en atelier n'est pas la partie qu'il préfère dans la pratique du piégeage. « Avec la famille et le travail, on a peut-être moins de temps à consacrer à la trappe », souligne-t-il. 

Une pratique en déclin

Depuis les années 1950, le prix des fourrures a grandement chuté. En 1950, une peau de castor qui valait près de 300 $, en valeur indexée au dollar d'aujourd'hui, se vend maintenant 19 $.

Non seulement le prix est en déclin, mais la pratique elle-même l'est, faute de relève. Peu de jeunes choisissent de se lancer dans cette activité, selon Richard Audy, qui fait le tour des trappeurs de la Côte-Nord pour récolter les fourrures afin de les vendre à un grossiste. Il s'inquiète de la perte des connaissances de la trappe.

Chez les Bélanger, la relève est assurée avec Gabriel, 14 ans, qui a fait régulièrement le tour des pièges qu'il installe avec son père.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine