Trois-Pistoles est la municipalité où la population est la plus âgée du Bas-Saint-Laurent. Alors que l'Institut de la statistique du Québec prévoit que près de la moitié de la population de la municipalité sera constituée d'aînés dans 20 ans, le maire, Jean-Pierre Rioux, considère que le vieillissement de ses résidents n'est pas négatif. Selon lui, il permet au contraire aux Pistolois d'avoir un milieu de vie dynamique et intéressant.

Un texte de Julie Tremblay

« Une fois qu'on prend notre retraite, on n'est pas mort! », affirme d'entrée de jeu le maire de Trois-Pistoles, quand on lui parle du vieillissement de la population. Pour Jean-Pierre Rioux, « le pouvoir gris et la richesse grise ont un grand apport dans la qualité de vie de Trois-Pistoles ».

Loin de considérer le vieilissement comme un problème, il estime que les aînés portent en eux « une masse de connaissances, de sérénité et d'expériences de vie  » qui font de Trois-Pistoles un milieu de vie tranquille et sans violence, où de nombreux bénévoles contribuent au dynamisme de la communauté.

Micheline Lepage, fière grand-maman de 69 ans et aussi conseillère municipale, sait bien que la population de sa ville est vieillissante, mais elle croit que ce n'est pas parce qu'on est âgé qu'on est nécessairement « vieux ».

« Il y a des personnes âgées et il y a des vieux. À Trois-Pistoles, on a des personnes âgées mais on n'a pas beaucoup de vieilles personnes », affirme-t-elle. Elle déplore d'ailleurs que la société ait tendance à materner les aînés.

Le partage entre jeunes et vieux

Une autre Pistoloise de 80 ans, Denise Rioux, raconte qu'un jardin intergénérationnel a récemment été mis sur pied pour favoriser le transfert des connaissances entre les jeunes et les aînés. Selon elle, c'est en partageant mieux le savoir des aînés que le vieillissement de la population peut se faire de façon positive et harmonieuse.

Pour l'un des jeunes entrepreneurs du Caveau des Trois-Pistoles, Nicolas Falcimaigne, « c'est riche de pouvoir bénéficier de l'expérience de ceux qui sont passés avant nous ».

Pour lui cependant, l'avenir d'une région ou d'une ville « n'est pas lié à l'âge, mais au dynamisme des personnes et à la synergie de la communauté ». Il considère ainsi que Trois-Pistoles est un beau terrain de jeu pour les jeunes entrepreneurs qui souhaitent démarrer leur entreprise.

Il participe d'ailleurs lui-même au transfert de connaissances entre les aînés et les générations suivantes puisqu'il travaille actuellement avec Victor-Lévy Beaulieu dans le but de lui succéder éventuellement à la tête des Éditions Trois-Pistoles.

Le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux, affirme d'ailleurs que c'est grâce au développement économique et à une offre de loisirs variée que Trois-Pistoles réussira à attirer des jeunes. Il fonde beaucoup d'espoir dans la création d'un office du tourisme et des congrès et dans la transformation de l'église Notre-Dame-des-Neiges pour y arriver à moyen terme.

En attendant, il semble faux de croire que « les vieux ne rêvent plus/ [que] leurs livres s'ensommeillent/ [et que] leurs pianos sont fermés », comme le chantait Jacques Brel. Selon le maire Rioux, les vieux sont au contraire très actifs, consomment et « ont du temps pour garder le milieu de vie vivant. »

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine