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Tuerie d'Orlando : tristesse dans l'Est du Québec

Les réactions régionales fusent à la suite du massacre survenu dans la nuit de samedi à dimanche dans un bar gai d'Orlando en Floride. La fusillade, la pire de l'histoire des États-Unis, a fait 50morts, dont le tueur, et 53blessés.

La Ville de Rimouski hissera un drapeau arc-en-ciel en guise de solidarité aux victimes, comme l'a fait la Ville de Montréal et l'Assemblée nationale du Québec. Le maire Éric Forest en a fait l'annonce sur les réseaux sociaux. 

La Ville de Mont-Joli a aussi décidé d'être solidarité avec les victimes de la tuerie. La mairesse Danielle Doyer estime qu'il s'agit d'une attaque contre l'humanité et que le monde entier doit préserver les valeurs de liberté, de démocratie et de paix.

À Sept-Îles, les drapeaux devant l'hôtel de ville ont été mis en berne. La Ville de Baie-Comeau a fait de même en après-midi.

Le député péquiste de la région de Matane-Matapédia et porte-parole en matière de sécurité publique, Pascal Bérubé considère qu'il est inacceptable de cibler des personnes pour leur orientation sexuelle.

Selon lui, des événements comme la tuerie d'Orlando devrait être une occasion de réflexion sur la place des homosexuelles dans nos régions et sur comment mieux vivre ensemble.

Une communauté ébranlée

L'artiste multidisciplinaire originaire de Sept-Îles, Johanne Roussy, se dit aussi ébranlée par les événements. Elle espère que les membres de la communauté LGBT ne céderont pas à la peur et qu'ils continueront de fréquenter des lieux publics comme cela a été le cas à Paris, après les attentats du 13 novembre.

Gérard Pourcel, écrivain qui vit à Baie-Comeau, admet qu'il sera plus craintif lorsqu'il se rendra dans un bar gai de la région montréalaise. « Alors, explique M. Pourcel, que je ne me sentais jamais, mais jamais, jamais en insécurité, là je crois que je vais avoir un œil circulaire, qui va faire le tour, qui va être un petit peu inquiet. »

L'écrivain croit d'autre part que les facilités d'accès aux armes à feu aux États-Unis demeurent un problème important. Il ajoute qu'une des pistes de solution passe par l'éducation et l'enseignement de l'histoire, notamment l'histoire des religions.

Mme Roussy souhaite que les acquis de la communauté LBGT ne soient pas remis en cause en raison des événements. « Parce qu'on a trop travaillé fort pour arriver où est-ce qu'on en est », ajoute-t-elle.

Le coordonnateur de l'Association LGBT de la Baie-des-Chaleurs, Brian Carey, se dit très choqué par les événements de la fin de semaine.

Homophobie et diversité

M. Carey souligne que des événements tragiques comme celui d'Orlando soulèvent beaucoup de questions. La cause des minorités en général et des minorités de la diversité sexuelle et de genres ont encore beaucoup de travail à faire pour combattre l'homophobie.

Ému, M. Carey avoue que la réaction du tueur est extrêmement difficile à concevoir, mais, dit-il : « Ça arrive, ça arrive à Montréal ou ailleurs où deux hommes qui s'embrassent vont susciter des réactions très négatives. »

D'ailleurs, pour l'organisme de défense des gais et lesbiennes MAINS Bas-Saint-Laurent, ce drame confirme qu'il y a encore beaucoup d'intolérance envers les personnes qui ont une orientation sexuelle différente.

Le porte-parole de l'organisme, Jean-François Babin, juge que l'intolérance existe toujours dans nos régions, même si de grands pas ont été franchis depuis que l'homosexualité a été décriminalisée en 1968.

Jean-François Babin indique que, dans une moindre mesure, les gais et lesbiennes de la région sont loin d'être à l'abri de gestes homophobes. « Il y a des jeunes, fait-il valoir, qui se sont fait battre à Rimouski à cause de leur orientation. Il y a des jeunes qui ont vécu de l'homophobie à l'école, dans la vie de tous les jours, à la maison, et ça, c'est une réalité, même en 2016. »

Le coordonnateur de l'Association LGBT de la Baie-des-Chaleurs constate lui-aussi que plusieurs membres de la communauté se sentent malheureusement tenus à l'écart de la société. Il rappelle que chaque individu a un rôle à jouer dans la société et que toute contribution est importante.

Sensibilisation

C'est d'ailleurs le message que son organisation tente de passer lors de ses interventions auprès des jeunes du secondaire. « C'est comme ça que petit à petit on va les sécuriser, ils vont se sentir moins attaqués par les personnes LGBT de leur entourage », commente M. Carey.

Brian Carey estime par ailleurs que les gens doivent éviter de généraliser. À la lecture des informations sur le tueur, on constate, souligne-t-il, que c'était un homme extrêmement violent et possiblement bipolaire. « C'est un fléau mondial, dit-il, de voir autant de carnages qui se font sur des personnes innocentes. »

Brian Carey en appelle à une société plus inclusive et plus respectueuse de la diversité.

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