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Un été prolifique pour les microbrasseries de l'Est du Québec

Les microbrasseries de l'Est du Québec ont eu peine à répondre à la demande dans les derniers mois. L'achalandage touristique dans les commerces est en partie en cause, mais un véritable engouement autour de l'industrie du malt et du houblon a fait bondir les chiffres de vente.

Aux Fous Brassants de Rivière-du-Loup, de nouveaux investissements ont permis de répondre à une hausse des ventes de plus de 30 %.

« Nous, on fait le parallèle avec le vin. Il y a une vingtaine d'années, les gens ont découvert d'autre chose que de l'Oiseau bleu ou le Baby duck. Pour la bière, c'est ce qui se passe maintenant. On découvre des saveurs nouvelles, des couleurs nouvelles aussi », mentionne Éric Viens, copropriétaire d'Aux Fous Brassants.

Alors qu'une deuxième microbrasserie est sur la table à dessin de jeunes entrepreneurs rimouskois, la microbrasserie Le Bien le Malt, elle, songe sérieusement à agrandir. « On a eu un très bel été. On ne fournit pas, en fait. Nos bières sont en demande et au pub et en bouteille », soutient Denis Thibault, copropriétaire de la microbrasserie Le Bien le Malt.

Les microbrasseries de la Gaspésie ont profité d'une saison touristique exceptionnelle cet été. Au Naufrageur de Carleton-sur-Mer, la production a augmenté de 40 à 60 % selon les secteurs, aux dires de l'un des copropriétaires, Sébastien Valade.

L'expédition de bière embouteillée à l'extérieur a été suspendue pour répondre à la demande du marché local, ce qui a eu pour effet d'amener plus de touristes sur place.

Les affaires vont bien pour le Naufrageur et l'embouteillage augmentera cet automne. M. Valade estime toutefois qu'il faut faire preuve de créativité et toujours varier la production, ce qui implique une analyse plus pointue du marché. Il faut, entre autres, cibler les bons moments pour lancer de nouveaux produits afin de demeurer compétitifs.

À Baie-Comeau, la microbrasserie St-Pancrace a doublé sa production, qui est passée à 100 000 litres de bière en 2016. Le directeur du marketing, Pierre-Antoine Morin, avoue passer une année bien remplie, en étant présent à divers événements qui permettent de faire connaître la dizaine de saveurs de bière produites par la microbrasserie.

« Cette année, on a fait quatre fois plus de bière au crabe qu'on avait fait l'année d'avant. On a aussi sorti une bière particulière à la chicoutai en partenariat avec la Station de recherche des îles Mingan sur les mammifères marins, qui est un beau succès », affirme Pierre-Antoine Morin.

Dans les faits, la microbrasserie St-Pancrace peine à suffire à la demande d'une clientèle régionale, entre Tadoussac et Baie-Johan-Beetz. Avec le transfert de la production dans un bâtiment plus spacieux et distinct de la brasserie le printemps prochain, les propriétaires-artisans prévoient un nouvel élan.

« Au niveau des ventes, on est au maximum de notre production. L'année dernière, on a ajouté un fermenteur et notre objectif c'est toujours de fournir d'abord et avant tout notre région », conclut Pierre-Antoine Morin.

Si les brasseurs s'entendent pour dire que cette industrie florissante engage une saine compétition, l'esprit de collaboration entre les microbrasseries se confirme avec la Route des Bières.

« Moi j'ai trouvé ça fascinant cet été combien de gens arrivaient avec leur carte. On est la première sur la route des bières dans l'Est, alors on voyait les gens partir et souvent, on les voyait revenir et ils avaient coché toutes les micros qu'ils avaient faites », affirme Élodie Fortin, copropriétaire de la microbrasserie Tête d'allumette de Saint-André-de-Kamouraska.

Les microbrasseries qui voudront relever le défi de l'embouteillage devront composer avec un espace plus limité sur les tablettes, en raison des produits de plus en plus nombreux et variés.

D'après les informations de Laurence Gallant, Brigitte Dubé et Louis Garneau

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