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Un homme d'Amqui perd sa maison dans l'incendie à Fort McMurray

Un homme originaire d'Amqui, Michel Belzile, fait partie des 80 000 personnes de Fort McMurray qui ont dû évacuer la ville en raison des feux de forêt gigantesques. Il a perdu sa maison, qui était dans l'un des quartiers les plus sévèrement touchés par les flammes.

Un texte de Sébastien Desrosiers

Le feu se dirigeait vers la maison de Michel Belzile lorsqu'il a fui rapidement avec sa famille mardi. Tous les membres de celle-ci se trouvent maintenant en sécurité chez la fille de M. Belzile, près de Calgary, mais n'en demeure pas moins qu'ils ont eu une bonne frousse.

« Ma femme travaillait de nuit, je suis allée la réveiller, j'ai dit là, faut qu'on parte et qu'on s'en aille au plus sacrant, raconte l'homme originaire d'Amqui. Mon fils est monté du travail à pied jusqu'à chez nous, on a paqueté en catastrophe puis on est parti, et là tout à basculé dans le secteur où je réside, un petit quartier qui s'appelle Abasand. »

Malgré tout, M. Belzile garde le moral. Il affirme que sa famille se retroussera les manches pour surmonter cette épreuve.

« Le moral est là parce qu'on est tous sorti sain et sauf, ma famille, la famille à mon frère, mon frère et sa conjointe, c'était la seule priorité, dit-il. Le reste, on peut rebâtir, on peut racheter, il n'y a rien qui se fait pas. La compagnie d'assurance nous a appelés elle-même aujourd'hui [mercredi] pour nous assurer leur soutien, j'en suis presque tombé sur le derrière. »

Michel Belzile affirme que les sinistrés sont solidaires. 

Un autre homme d'Amqui a dû dormir le long de la route

Stéphane Leblanc et sa conjointe, originaires respectivement d'Amqui et de Rimouski, font eux aussi partie des milliers de personnes qui ont dû évacuer Fort McMurray en catastrophe, mardi. Le couple demeure au nord de Fort McMurray depuis 2007, où travaille M. Leblanc comme contremaître sur des chantiers de construction.

Les deux Bas-Laurentiens ont d'abord cherché à se rendre dans un camp de travailleurs au nord de la ville, mais puisque celui-ci n'avait plus de place, ils ont dû rebrousser chemin pour se diriger vers Edmonton. « Les secteurs qui ont été les plus touchés se trouvent au sud, donc on a dû passer à travers le brasier », raconte Stéphane Leblanc.

« 70 00 personnes environ se sont ruées vers les stations d'essence pour faire cinq heures de route jusqu'à Edmonton, explique-t-il. Ça a vidé complètement les stations d'essence. Beaucoup de gens comme nous ont été obligés de coucher sur le long de la route à environ une heure de Fort McMurray. »

Des camions-citernes ont circulé sur l'autoroute 63 mercredi pour prêter main-forte aux gens dont le véhicule était en panne.

Stéphane Leblanc, qui était toujours en direction d'Edmonton au moment de l'entrevue, ne sait pas si sa résidence a été touchée par le brasier qui a ravagé une partie de Fort McMurray. « Je n'ose même pas y penser », dit-il.

« Vraiment ça a été un délai très court pour se préparer », ajoute-t-il. « Ma conjointe est enseignante en immersion française au primaire et certains parents n'arrivaient pas à se rendre jusqu'à l'établissement pour aller chercher leurs enfants. »

Le premier incendie s'était par ailleurs déclaré tout près d'où il travaille, cette fin de semaine, et les flammes n'ont fait que prendre de l'ampleur depuis. « Mardi soir, il faisait 31 degrés Celcius, aujourd'hui [mardi] il fait encore 25, et on n'a pas eu de pluie depuis au moins deux semaines », affirme Stéphane Leblanc.

Il assure qu'il est en sécurité maintenant, mais il prie pour que le vent tourne et que les conditions climatiques jouent en leur faveur.

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