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Un pas de plus vers la production de cépages en serre au Vignoble Carpinteri

Depuis trois ans, le Vignoble Carpinteri expérimente la culture de cépages nobles en serre afin de les introduire dans les vins d'assemblage produits à partir de son vignoble.

Un texte de Joane BérubéCette année, une partie de la production sera intégrée à la prochaine cuvée.

En 2018, le viticulteur prévoit que presque toutes les serres seront à leur pleine production et que le vin du vignoble sera entièrement assemblé avec une production locale. « Il s’agira d’un vin 100 % québécois, entièrement produit à Saint-Ulric », le propriétaire du vignoble, Tony Carpinteri.

Son entreprise, dit-il, sera la seule au Québec à produire des cépages nobles en serre. Le vigneron croit qu’il pourra même se permettre de vendre du raisin à d’autres vignobles.Avant de se lancer dans ce projet en 2015 Vignoble Carpinteri avait déjà effectué des tests en serre en 2010. « Et les vignes n’étaient pas mortes », raconte M. Carpinteri.

Démêlés judiciaires

Toutefois, c’est le contentieux avec la Régie des alcools, des courses et des jeux en 2014 qui a finalement servi de bougie d’allumage au projet.

À l’époque, la Régie saisit l’inventaire du vignoble et révoque son permis de producteur. L’organisme estime que le Vignoble fabrique ses vins avec de plus grandes quantités de raisins concentrés que la loi le permet.

Tony Carpinteri gagne en appel devant le Tribunal administratif du Québec, il recevra une suspension de six mois et sa marchandise lui est rendue, mais il jure que l’on n’y reprendra plus.

C’est alors qu’il entamera sa production en serre.

La Toscane sous la brise gaspésienne

Lorsqu’il a pris sa retraite au début des années 2000, le fondateur des Cuisines gaspésiennes, Tony Carpinteri, rêvait de Gaspésie, mais aussi d’Italie et de vin. Un mélange détonnant qu’il avait envie de partager avec ses compatriotes d’adoption.

Il a planté des vignes, construit une Villa et a finalement réussi à donner des airs de Toscane aux coteaux d’une ancienne fraisière.

Ce rêve un peu fou fait maintenant travailler une vingtaine de personnes au 2e rang du village de Saint-Ulric, dans l’arrière-pays de Matane.

L’homme d’affaires avait bâti sa vie à Matane, aux portes de la Gaspésie où les seuls vins artisanaux à jamais avoir été produits étaient ceux de pissenlit ou de merise, bien loin du Sangiovese.

C’est pourtant ce qui pousse maintenant dans une des sept serres que compte le domaine. Cinq autres sont installées à Val D’Irène, dans la Matapédia. On y retrouve entre autres du cabernet-sauvignon, du merlot, du pinot gris, du riesling et du Gewurztraminer.

La toute nouvelle phase du projet se poursuit donc avec, en tête, toujours, cette petite inspiration méditerranéenne. « On imite la température d’Italie en serre. Il y a un ordinateur qui balance. S’il fait 28 degrés en Toscane, il fait 28 degrés dans mes serres, présentement, avec l’humidité, tout. »Le vrai défi

Tony Carpinteri jure qu’il parviendra à produire un vin aimé des Québécois. « Ce sont, dit-il, des gens qui connaissent de plus en plus le vin et quand ils goûtent mon vin, il y a toujours : ̋ il est bon, mais.. ̏. Je veux en finir avec le mais. »

La culture en serre permettra aussi d’augmenter la production. Le vigneron estime que les 6000 plants plantés à l’intérieur produiront deux fois le tonnage des plants extérieurs.

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