Une baleine noire, prisonnière d'un engin de pêche, a été signalée au large de l'île Bonaventure, près de Percé.

Un texte de Joane Bérubé

Une tournée d’observation de Pêches et Océans a permis de visualiser une baleine entortillée dans des câbles blancs. Pêches et Océans Canada (MPO) survole la zone depuis lundi et indique surveiller la situation de près.

L’équipe du MPO a tenté, mardi matin, de repérer à nouveau la baleine, mais sans succès, jusqu'en milieu d'après-midi.

Un navire de la garde côtière est en route. Les experts feront le point sur la situation plus tard dans la journée, mardi.

L’équipe du MPO continuera de documenter la situation. Un autre vol est prévu demain.

L’animal a été identifié par l’équipe de la Nouvelle-Angleterre. Il s’agit d’un mâle né vers 2002 et qui porte le no 3245.

Dégagement sous moratoire

C’est la première fois qu’une baleine noire empêtrée dans un filet de pêche est observée depuis la mise en place de mesures pour protéger l'espèce.

Il n'y aura pas de tentative de la part des employés du MPO pour dégager la baleine. La consigne pourrait changer selon l'évolution des événements.

Le porte-parole et directeur de recherche au Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins, Robert Michaud, rappelle que libérer une baleine d’un engin de pêche ou de filets de bouée demeure une opération très complexe. « On espère lors d’une prochaine observation revoir l’animal sans ses gréements, sans ses cordages, ce serait le dénouement le plus positif », ajoute M. Michaud.

Cet été, la tentative de sauvetage d’une baleine entortillée dans un engin de pêche s’est soldée par la mort d’un pêcheur au large de Shippagan. Depuis, un moratoire a été imposé sur ce type de sauvetage.

Le MPO ne connaît pas l'état de santé de la baleine.

Hécatombe dans le Saint-Laurent

Cet été, dix carcasses de baleines noires, aussi appelées baleines franches, ont été repêchées dans le golfe Saint-Laurent.

Il s’agit d’une mortalité sans précédent pour ce mammifère marin, classé comme espèce en voie de disparition. Les collisions avec les bateaux et les prises accidentelles dans les engins de pêche sont parmi les principales causes de mortalité précoce. Sa présence dans le Saint-Laurent est un phénomène récent.

Pour protéger l’animal, Pêches et Océans a imposé au début d’août une limite de vitesse de 10 nœuds (18,5 km/h) à tous les navires mesurant au moins 20 mètres qui circulent dans le golfe qui s’étend de la Côte-Nord du Québec au nord de l’Île-du-Prince-Édouard.

La pêche au crabe s’est terminée plus tôt dans une zone très fréquentée par les baleines.

La stratégie de surveillance du golfe par le ministère s’inscrit aussi parmi les mesures mises en place par le ministre des Pêches pour protéger la population de baleines noires.

Le ministre de Pêches et Océans Canada, Dominic LeBlanc, attend les résultats des nécropsies des carcasses de baleines récupérées cet été avant de voir si d’autres mesures de protection seront imposées.

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