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Une majorité de municipalités peu préparées et démunies en cas de déversement de pétrole

De nombreuses municipalités riveraines estiment qu'elles ne sont pas prêtes à faire face à un déversement maritime d'hydrocarbures sur leurs berges. Il s'agit de la conclusion d'une étude déposée au BAPE dans le cadre de l'étude du projet de pipeline Énergie Est.

Un texte de Laurence Gallant

L'étude, commandée par le ministère de l'Énergie, a été menée l'été dernier auprès de 79 municipalités riveraines, de Montréal à Percé en passant par Québec, Rimouski, Tadoussac, Baie-Comeau ou encore Port-Daniel.

Ces municipalités sont nombreuses à juger que leurs citoyens ne sont pas protégés ou bénéficient d'une protection minimale advenant un accident. C'est ce que soutient l'étude, qui visait notamment à établir l'état de préparation des municipalités en cas de déversement maritime d'hydrocarbure.

L'étude a été menée par Innovation maritime, une composante de l'Institut maritime du Québec, à Rimouski.

Pas prêtes

Parmi les 79 municipalités interrogées, 70 % estiment qu'elles ne sont pas prêtes à faire face aux conséquences d'un déversement maritime de pétrole. D'ailleurs, 19 de ces municipalités puisent leur eau potable dans le fleuve.

Les trois quarts des municipalités jugent qu'elles n'ont aucune ou seulement une faible connaissance pour intervenir dans le cas d'un accident. Sur le plan des ressources, plus de la moitié des localités pensent même n'avoir aucune ou seulement une faible capacité à participer à un déploiement avec d'autres partenaires, comme Québec et Ottawa, pour contrer un déversement pétrolier en mer.

Comme l'explique Nicolas Parent, expert en transport maritime, les municipalités n'ont pas à un jouer un rôle de premier plan en cas d'accident. Par contre, en tant qu'actrices secondaires, elles doivent être au fait du fonctionnement du Régime de préparation et d'intervention en cas de déversement maritime d'hydrocarbures.

Dans les circonstances, une vaste majorité de municipalités en viennent à la conclusion que leurs citoyens bénéficient d'une protection assez faible en cas de déversement. 30 % la jugent même nulle et 25 %, minimale.

Une étude qui conscientise

D'après ce que signale Innovation maritime, les municipalités, après avoir été interrogées, en sont venues à la conclusion que cette étude même représente un tournant en ce qui a trait à la conscientisation pour la sécurité maritime.

Leur connaissance des conséquences d'un déversement sur leurs berges est faible, mais les municipalités en sont conscientes et démontrent un intérêt marqué pour en apprendre davantage.

D'après le portrait que brosse l'étude, la situation concerne bien plus que le palier municipal. Il décrit un Québec bien peu agile, s'il devait intervenir pour contrer un déversement de pétrole dans le fleuve.

Il faut constater, disent les auteurs de l'étude, que le pipeline d'Énergie Est et l'exploitation pétrolière en Gaspésie ou sur l'île d'Anticosti, par exemple, ouvrent des perspectives jusqu'ici totalement étrangères au Québec.

D'après les informations de Denis Leduc

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