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Une Rimouskoise d'adoption retourne au Rwanda, 22 ans après le génocide

Une Rimouskoise d'origine rwandaise a connu un été fort en émotions, alors qu'elle est retournée pour la première fois dans son pays d'origine, 22 ans après avoir fui le génocide du Rwanda.

Un texte de Laurence Gallant

Des mois d'avril à juillet 1994, plus de 800 000 Rwandais, Hutus comme Tutsis, ont été massacrés. La famille de Marie-Ange Niwemugeni, issue de ces deux communautés, est de celles qui ont trouvé refuge au Canada. Celle-ci n'avait que 8 ans au moment où son pays a été plongé dans une guerre civile sanglante.

« Ça représentait peut-être d'autant plus un danger parce que quand tu es dans une famille aussi métissée et mixée que la mienne, ça fait que d'une part et d'autre, tu peux être considéré comme un traître », explique Marie-Ange Niwemugeni.

Vingt-deux ans après l'horreur, la jeune femme foulait de nouveau le sol de son pays natal. Cela lui a permis de recoller quelques pièces d'un casse-tête à la fois familial et identitaire.

Pour Marie-Ange, ce sont davantage les beaux souvenirs d'enfance qui sont restés, ceux d'avant le génocide du Rwanda. Des retrouvailles touchantes attendaient la jeune femme, reprenant contact avec plusieurs survivants de sa famille élargie, parfois même des membres de la famille qui avaient vraisemblablement péri dans le carnage.

Venir en aide aux enfants

Marie-Ange a accompagné pendant deux mois et demi une équipe canadienne venue aider, en coopération avec un organisme local, des enfants en difficulté et vivant parfois dans la rue.

Le projet était d'appuyer l'équipe d'intervention responsable de ces enfants souvent orphelins, de la doter d'outils supplémentaires, de moyens d'améliorer la vie des jeunes. Une des réussites du projet, croit Marie-Ange, c'est d'avoir ouvert un espace de réflexion et de discussion sur la pratique des intervenants sociaux rwandais.

« Ils sont débordés, ils sont en intervention, ils sont peu nombreux, et ils n'ont pas nécessairement le temps de s'asseoir, de réfléchir à ce qu'il y a de bon dans leur pratique versus ce qu'il y aurait à améliorer. »

Le groupe canadien a notamment beaucoup travaillé à amener des solutions pour éviter le châtiment corporel envers les enfants, une pratique encore très courante dans les pays du Sud, selon Marie-Ange Niwemugeni.

Après l'horreur, la fierté et la résilience

Sans dédouaner les autorités et la population rwandaises, Marie-Ange Niwemugeni croit que le génocide est le résultat des « effets sournois de la colonisation ». Pour elle, la colonisation du Rwanda est à la source de cette animosité entre Hutus et Tutsis.

« Avant la colonisation, les gens étaient Rwandais, avant même d'appartenir à de supposées ethnies, et après la colonisation, ça a pris une ampleur, ça a beaucoup divisé. Les gens ont embarqué là-dedans et ça a mené à un génocide. »

Après cette expérience, la Rimouskoise d'adoption est revenue au Québec avec l'image d'un Rwanda fort et empreint de fierté.

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