Plusieurs croient qu'il est plus difficile de vivre sa différence en région plutôt qu'en ville. Aux yeux d'Élise Cornellier Bernier, copropriétaire de la microbrasserie À l'abri de la Tempête, aux Îles-de-la-Madeleine, c'est un préjugé. Il y a un an, elle s'appelait Jean-Sébastien.

À ses yeux, sa nouvelle réalité est la même à l'Étang-du-Nord qu'au coin des rues Ontario et Panet à Montréal.

« J'ai été dans mon corps d'homme trop longtemps », dit-elle. Elle se rappelle avoir ressenti beaucoup de crainte au moment d'annoncer la nouvelle à son entourage.

« On pense que les gens vont réagir plus fortement que nous. Mais finalement, c'est le contraire. Je leur ai dit : "Je suis ça et j'ai le goût d'être heureuse." À partir de ce moment, tout le monde a dit : "Bienvenue Élise!" »

Quand Élise a commencé à prendre des hormones et des bloqueurs de testostérone, elle dit avoir ressenti une grande paix. « Tout a changé, mentionne-t-elle. La pression, l'agressivité en moi est tombée. »

Élise vit son début de quarantaine comme jamais elle ne l'avait imaginé.

« Je pensais, quand j'étais petite, que je pouvais rentrer chez le médecin, aller dans une machine et ressortir en fille, raconte-elle. J'y croyais à cette machine-là, mais j'ai jamais osé le crier assez fort. »

D'après le reportage de Michel-Félix Tremblay

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