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10 mois plus tard, un cycliste de Sherbrooke revient sur son accident de vélo

En juillet 2015, une brusque chute à vélo a changé à jamais la vie du Sherbrookois Kristian Benoît. Marqué par des séquelles, mais vivant, il plaide pour une meilleure sécurité à vélo, peu importe l'endroit où l'on roule.

Mercredi, au coin des rues Jean-Paul-II et Denault, à Sherbrooke, le père de famille de 35 ans est revenu sur cette journée du 15 juillet.

« À mon avis, c'est une voiture qui est venue m'enlever la place et je n'ai pas eu le choix de rentrer dans le trottoir. Après ça, j'ai revolé dans les airs », raconte-t-il.

Si Kristian Benoît ne peut expliquer exactement ce qui est arrivé, c'est qu'il ne se souvient de rien, et que l'enquête policière n'a pas réussi à prouver son hypothèse, faute de témoins.

Même si les souvenirs lui échappent encore, il est au moins certain d'une chose : en tant que cycliste, il « roule large ».

« Revenir sur [les lieux] de l'accident, ce que ça me fait, c'est que ça me fait voir que j'avais quand même beaucoup d'espace, donc, qu'il y a une voiture qui a dû prendre vraiment de la place pour que je rentre dans le trottoir », insiste-t-il.

Comme rien n'a pu prouver qu'une voiture l'a touché, il n'a pas droit à une aide de la Société de l'assurance-automobile du Québec. Mais tranquillement, les choses se placent pour lui.

« Ça va de mieux en mieux avec les enfants, la gestion du temps », confie-t-il.

Physiquement, il a une main engourdie et le côté droit est touché « un peu ». « Mais il n'y a pas tant de séquelles physiques. C'est plus des séquelles psychologiques », ajoute celui qui a subi un traumatisme crânien. 

Il explique que les idées lui viennent moins facilement. Il a aussi plus de difficultés à comprendre les gens, les « ambiguïtés ».

Un espace réservé pour les cyclistes

La bonne nouvelle, c'est que Kristian Benoît est récemment remonté sur son vélo. Après quelques hésitations, il a retrouvé ses vieilles habitudes et « roule large ».

« Je sens que je sais plus où me placer, je prends plus large et j'assume ma place. C'est ce que je faisais avant, j'imagine. C'est de revenir à mes pensées d'avant », dit-il.

Il a d'ailleurs une idée pour améliorer la sécurité à vélo en ville. « La priorité, c'est d'arrêter de mettre l'accent sur les pistes cyclables, mais de sécuriser toutes les chaussées partout ».

Selon lui, renforcer la sécurité hors des pistes cyclables serait plus efficace que la récente loi déposée par Québec, qui renforce les sanctions liées à l'emportiérage et établit une distance minimale pour le dépassement des cyclistes par les automobilistes.

« J'ai l'impression que ce qui serait plus pertinent, ce serait de mettre des bollards, de réserver de l'espace pour le cycliste », résume-t-il.

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